À Abidjan, la bataille pour le contrôle de la Fédération ivoirienne de football (FIF) se dessine déjà, bien avant l’échéance d’avril 2026. Le président en exercice, Yacine Idriss Diallo, n’a pas attendu le calendrier officiel pour afficher sa volonté de briguer un nouveau mandat à la tête de l’instance.
Selon plusieurs sources proches du dossier, le patron du football ivoirien a activé en coulisses un premier cercle d’alliés afin de contenir toute tentative de candidature concurrente. Parmi les profils ciblés : Malick Tohé, acteur clé de l’accession d’Idriss Diallo à la présidence en 2022, et qui s’apprêterait désormais à se positionner pour prendre les rênes de la fédération.
Conciliation et réseaux d’influence
Conscient du risque politique que représenterait l’entrée en lice de son ancien soutien, Idriss Diallo a multiplié les démarches de conciliation. Le dirigeant a sollicité plusieurs hommes d’affaires proches du secteur sportif afin d’apaiser les tensions et convaincre Malick Tohé de renoncer à une candidature.
Dans cette stratégie d’influence, le président de la FIF aurait également approché la Grande Loge de Côte d’Ivoire (GLCI), dirigée par Sylvère Koyo, pour activer les solidarités internes. Les deux hommes appartiennent en effet à la même obédience, un levier traditionnellement mobilisé dans les équilibres de pouvoir du sport ivoirien.
Rupture politique
Mais la médiation semble, pour l’heure, produire peu d’effets. En profond désaccord avec la gouvernance actuelle, Malick Tohé ne cache plus, en privé, sa rupture avec la ligne portée par l’équipe dirigeante de la fédération.
Son positionnement s’appuie sur des relais politiques solides. L’intéressé est décrit comme proche de l’entourage du vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, figure influente des arbitrages institutionnels. Son environnement relationnel s’étend également au sommet de l’exécutif culturel, son épouse étant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck.
Vers une confrontation ouverte ?
À ce stade, la perspective d’un duel Idriss Diallo – Malick Tohé demeure incertaine, mais elle cristallise déjà les recompositions internes à la FIF. Entre tentatives de médiation, activation de réseaux et repositionnements politiques, la campagne officieuse est bel et bien lancée.
Reste à savoir si les efforts de conciliation permettront d’éviter une confrontation directe — ou si la fédération ivoirienne s’achemine vers une bataille électorale majeure, révélatrice des nouveaux rapports de force au sein du football ivoirien.
Source :enquête media
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