Au troisième et dernier jour du Forum d’affaires UE-Régional, tenu ce mercredi 1er avril 2026, la Côte d’Ivoire a présenté trois projets structurants destinés à accélérer le développement des corridors stratégiques ouest-africains. Port sec, plateforme logistique et innovation aéronautique : ces initiatives visent à renforcer la connectivité, fluidifier les échanges et attirer les investissements privés.
Un port sec à Ferkessédougou pour dynamiser le Nord ivoirien
Présenté par M. Abdoulaye Alliagui, directeur adjoint de cabinet au ministère des Transports et des Affaires maritimes, le projet de port sec de Ferkessédougou s’inscrit au cœur du Plan national de la logistique.
Situé à un carrefour stratégique proche du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ce projet ambitionne de faire du nord de la Côte d’Ivoire un hub régional d’échanges. Le site, d’une superficie d’environ 70 000 hectares, a été choisi pour ses atouts géographiques, son accessibilité et son potentiel de développement économique.
Le projet repose sur quatre composantes majeures :
• une plateforme logistique multimodale,
• des infrastructures de transport et de connectivité,
• un pôle agro-pastoral visant à structurer l’élevage,
• une zone industrielle dédiée à la transformation.
Avec un investissement public estimé à plus de 300 milliards de FCFA, le port sec vise à :
• désengorger les ports maritimes,
• renforcer les échanges sous-régionaux,
• créer des emplois et fixer les populations dans le nord.
Le projet prévoit également un partenariat avec le secteur privé, notamment pour l’exploitation logistique et le développement de certaines composantes, dont la zone industrielle. Les autorités assurent que le site est sécurisé, les indemnisations réalisées, et les terrains prêts à accueillir les investisseurs.
En parallèle, le Plan national de la logistique, estimé à près de 10 000 milliards de FCFA sur 15 ans, entend moderniser l’ensemble du système logistique ivoirien. Parmi ses priorités :
• la réduction des coûts logistiques,
• la digitalisation du secteur,
• la formation des ressources humaines,
• et le renforcement du rôle de hub régional de la Côte d’Ivoire.
Yamoussoukro : une plateforme logistique pour désengorger les flux
Le deuxième pitch, présenté par M. Kouassi Nguessan, porte sur la création d’une zone logistique à Yamoussoukro, pilotée par le district autonome.
Située au centre du pays, la capitale politique voit transiter quotidiennement plus de 500 à 700 poids lourds, générant embouteillages, insécurité et dégradation des infrastructures.
Le projet propose la mise en place d’une plateforme logistique moderne de 28,5 hectares, organisée en plusieurs zones :
• une zone dédiée aux voyageurs,
• des espaces de fret et d’entreposage,
• des services annexes (maintenance, commerces, stationnement, etc.).
D’un coût estimé à environ 21 milliards de FCFA, le projet sera réalisé en partenariat public-privé (PPP) avec une concession de 25 ans.
Les objectifs sont multiples :
• fluidifier le trafic urbain,
• améliorer la sécurité routière,
• structurer les flux logistiques,
• et soutenir le développement économique local.
Les études techniques sont déjà avancées, avec un démarrage des travaux envisagé à l’horizon 2027-2028, pour une mise en service autour de 2029.
Flying Whales : une innovation aérienne pour désenclaver les territoires
Le troisième projet, présenté par M. Aristide Zongo, introduit une solution innovante : le dirigeable LCA60T de la société française Flying Whales Services.
Ce ballon dirigeable de grande capacité peut transporter jusqu’à 60 tonnes de marchandises, avec la particularité de pouvoir charger et décharger sans infrastructure au sol. Une technologie qui permet d’atteindre des zones enclavées et de réduire considérablement les délais de transport.
Parmi ses avantages :
• réduction des coûts logistiques (jusqu’à 7 fois moins chers selon les études),
• diminution des émissions de CO₂ (jusqu’à -90 %),
• capacité à intervenir en zones difficiles d’accès (secours, santé, énergie).
Le projet prévoit l’installation d’une base logistique en Côte d’Ivoire, notamment à Bouaké, avec un investissement estimé à environ 80 millions d’euros pour le hub.
Les premières opérations commerciales sont attendues à l’horizon 2029, après certification de l’appareil.
Au-delà de la Côte d’Ivoire, l’ambition est de développer un réseau africain de dirigeables, afin de connecter les différents corridors et soutenir l’intégration régionale.
Des projets complémentaires au service d’un hub régional
Ces trois initiatives illustrent une stratégie cohérente :
faire de la Côte d’Ivoire un carrefour logistique majeur en Afrique de l’Ouest.
Du port sec de Ferkessédougou à la plateforme de Yamoussoukro, en passant par l’innovation aérienne de Flying Whales, l’objectif est clair :
désenclaver les territoires, fluidifier les corridors et accélérer la croissance régionale.
Les autorités ivoiriennes ont, à cette occasion, lancé un appel aux investisseurs, soulignant leur volonté de faciliter les partenariats public-privé et de lever les obstacles administratifs.
Un signal fort adressé aux acteurs économiques, au moment où les corridors Abidjan-Lagos et Abidjan-Ouagadougou s’imposent comme des axes stratégiques pour l’intégration ouest-africaine.
Sercom Ministère des Transports et des Affaires Maritimes















