Abidjan, 1er avril 2026- La Société d’Exploitation et de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et Météorologique ( SODEXAM) a inauguré son premier radar météorologique le mercredi 1er avril 2026 depuis ses jardins sis à son siège d’Abidjan Port-Bouët en présence du Ministre des Transports et des Affaires Maritimes M. Amadou Koné, du Ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, du directeur régional de l’agence française au développement ( AFD), du personnel de la SODEXAM et des autorités administratives, politiques et coutumières de la commune de Port-Bouët. Réalisé dans le cadre du projet structurant VIGICLIMM, cet équipement de dernière génération place désormais le pays parmi les références en Afrique de l’Ouest en matière de prévision et d’alerte météorologique.
La cérémonie, débutée à 7h45 par l’accueil des invités, a été ponctuée par les différentes séquences protocolaires : installation des officiels, ouverture par le maître de cérémonie, puis une libation traditionnelle en présence des chefs coutumiers, symbolisant l’ancrage culturel et la bénédiction des ancêtres.
Les allocutions ont été marquées par l’intervention de la représentante du maire de Port-Bouët, qui a salué un investissement « structurant » pour la commune et pour la sécurité des populations, avant de laisser place au cœur technique de l’événement : la présentation du radar météorologique.
Un projet structuré autour de cinq composantes majeures
La présentation technique a permis de mieux comprendre l’architecture du projet VIGICLIMM (Vigilance, Prévisions, Alertes précoces et Services Climatiques), conçu pour moderniser en profondeur le système météorologique ivoirien.
Ce projet repose sur cinq composantes essentielles :
• Le système d’observation météorologique : renforcement du réseau national avec des stations modernes couvrant progressivement l’ensemble du territoire ;
• Les services d’alerte et applications climatiques : outils destinés à la gestion des catastrophes et au soutien des secteurs sensibles comme l’agriculture ;
• Les systèmes d’information : collecte, traitement, analyse et diffusion en temps réel des données météorologiques ;
• Les infrastructures : construction d’un centre national de prévision et d’alerte ;
• L’accompagnement technique et la formation : renforcement des capacités des agents avec l’appui de partenaires internationaux.
Cette approche intégrée couvre toute la chaîne de valeur météorologique, de l’observation à la diffusion des informations .
Un radar de dernière génération aux performances inédites
Le radar inauguré constitue l’un des piliers technologiques du projet. Il se distingue par :
• une technologie de pointe à faible consommation énergétique ;
• une capacité de discrimination fine des phénomènes météorologiques (pluie, orages, turbulences) ;
• une durée de vie supérieure à 10 ans avec une maintenance réduite ;
• une intégration de modules d’intelligence artificielle pour le suivi et l’évolution des systèmes orageux.
Cet équipement permet une observation en temps réel et à haute résolution des phénomènes atmosphériques, avec une précision allant jusqu’à l’échelle des quartiers.
Des avantages stratégiques pour la sécurité et la prévision
Les experts ont mis en avant plusieurs avantages majeurs du radar :
• amélioration significative de la fiabilité des prévisions météorologiques ;
• contribution à la sécurité aérienne et maritime ;
• renforcement des opérations de recherche et de sauvetage en mer ;
• meilleure anticipation des catastrophes naturelles ;
• validation et amélioration des modèles de prévision.
Dans un contexte de changement climatique, ces capacités constituent un levier essentiel pour protéger les populations et les infrastructures.
Des produits innovants et des impacts opérationnels concrets
Le radar permet de générer plusieurs types de produits météorologiques à forte valeur ajoutée :
• Produits de suivi des précipitations : estimation quantitative et qualitative des pluies pour anticiper les inondations ;
• Produits de détection des orages : identification précoce des phénomènes violents ;
• Produits d’intelligence artificielle : modélisation de l’évolution des systèmes météorologiques jusqu’à plusieurs heures à l’avance ;
• Produits hydrologiques : aide à la prévision des crues et à la gestion des bassins versants.
Les impacts opérationnels sont considérables :
• Protection civile : alertes précises pour intervenir rapidement ;
• Transport aérien : détection des zones de turbulences ;
• Transport maritime : amélioration de la navigation et des opérations portuaires ;
• Agriculture : meilleure planification des activités agricoles ;
• Gestion des urgences : réponses ciblées et efficaces face aux catastrophes.
Un investissement stratégique de plus de 17 milliards FCFA
Le projet VIGICLIMM représente un investissement global de 17,4 milliards de FCFA (environ 26,6 millions d’euros) .
Dans le détail :
• Radar météorologique : 2,36 milliards FCFA
• Système d’observation : plus de 5,07 milliards FCFA
• Systèmes d’information : environ 5,09 milliards FCFA
• Infrastructures (centre opérationnel) : près de 1,97 milliard FCFA
• Formation et assistance technique : plus de 1,79 milliard FCFA
• Applications sectorielles : environ 360 millions FCFA
Financé principalement par l’Agence Française de Développement, le projet s’inscrit dans une dynamique globale de modernisation des services météorologiques ivoiriens .
Vers une deuxième phase encore plus ambitieuse
Selon le Directeur Général de l’AFD, une deuxième phase du projet est prévue dès septembre 2026, avec un financement équivalent à celui de la première phase, soit environ 18 à 20 milliards de FCFA supplémentaires.
Cette nouvelle étape visera notamment :
• la couverture radar complète du territoire national ;
• le développement de la météo marine ;
• le renforcement des systèmes d’alerte dans les grandes villes ;
• l’intégration de nouveaux outils et applications avancées.
Le ministre Amadou Koné : “Un outil pour sauver des vies et transformer notre économie”
Contrairement au programme initial, le Ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou Koné, n’a pas prononcé d’allocution officielle. Il s’est exprimé à l’issue de la visite des installations à travers une interview accordée à la presse.
Il a salué un projet « extrêmement important » pour la Côte d’Ivoire, mettant en avant plusieurs enjeux majeurs :
• Renforcement de la souveraineté météorologique grâce à des données plus précises ;
• Sécurisation des transports, notamment aérien et maritime ;
• Amélioration de la gestion des catastrophes, avec des alertes anticipées ;
• Soutien à l’agriculture, secteur clé représentant une part importante de l’économie nationale.
Le ministre a particulièrement insisté sur la capacité du radar à sauver des vies, en permettant d’alerter les populations avant les inondations ou événements extrêmes.
Il a également souligné que cet équipement permettra d’envoyer des messages d’alerte ciblés aux populations, renforçant ainsi la prévention et la résilience face aux effets du changement climatique.
Enfin, Amadou Koné a exprimé sa fierté de voir la Côte d’Ivoire rejoindre le cercle restreint des pays africains dotés d’un tel dispositif, tout en appelant à poursuivre les investissements pour couvrir l’ensemble du territoire.
Une ambition affirmée : faire de la Côte d’Ivoire un leader régional
Avec le projet VIGICLIMM, la Côte d’Ivoire affiche clairement son ambition : devenir un leader régional en matière de météorologie et d’alerte précoce.
Déjà, le programme prévoit la mise en place de stations météorologiques dans toutes les régions, un centre national d’alerte et un système intégré de diffusion des données .
Au-delà de ses frontières, la SODEXAM entend également jouer un rôle clé dans la coopération régionale, en partageant son expertise avec d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.
Une nouvelle ère pour la gestion climatique en Côte d’Ivoire
La cérémonie s’est achevée par la découverte du radar, une photo de famille, la visite de la salle serveur et une série d’interviews, avant un cocktail de clôture à 9h20.
À travers cette inauguration, la Côte d’Ivoire confirme une orientation stratégique claire :
passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation.
Un choix qui, au-delà de la technologie, traduit une vision :
celle d’un pays résilient, moderne et résolument tourné vers l’avenir face aux défis climatiques du XXIᵉ siècle.
Sercom Ministère des Transports















