Ils s’étaient donné rendez-vous au Plateau, non pas pour invoquer les esprits, mais pour traquer un mystère digne d’un polar politique : les fameux millions que Simon Doho aurait, selon certaines langues trop bien pendues, glissés dans sa poche intérieure. Verdict après huis clos : les fonds sont là… et la polémique, elle, n’était qu’un mirage.
Le mardi 20 janvier 2025, les députés du groupe parlementaire PDCI-RDA (législature 2021-2025) se sont réunis à leur permanence pour examiner une accusation qui circulait plus vite qu’un communiqué sur WhatsApp : leur président aurait confisqué l’argent du groupe. Sous la direction du vice-président Likane Yagui Jean, assisté du très méthodique N’Guessan Koffi Eugène (secrétaire de séance), la montagne médiatique a finalement accouché d’une souris.
Conclusion officielle, glissée par une source présente à la réunion : rien, absolument rien, ne soutient les accusations relayées dans la presse. Juste une cabale de plus, servie bien chaude, contre l’honorable Simon Doho. Le vice-président a d’ailleurs rappelé aux députés que laver le linge sale en public, surtout quand il est propre, reste un sport à haut risque pour la cohésion du groupe.
Une histoire de millions très imaginaires
Revenons au scénario de départ. À peine la poussière des législatives retombée et la nouvelle législature (2025-2030) installée, voilà que certains députés reprochent à Simon Doho de « garder par devers lui » les fonds destinés au fonctionnement du groupe. Pire encore, ces élus auraient exigé un « minimum syndical » de trois millions FCFA chacun, soit environ 81 millions FCFA au total, arguant que l’État venait de verser la subvention publique au groupe parlementaire.
Problème : ces fonds n’ont jamais été conçus pour des distributions individuelles façon enveloppes surprises. Leur vocation légale est claire : formations, séminaires, renforcement des capacités et encadrement du travail parlementaire. Bref, tout sauf une tontine politique.
Les chiffres, ces trouble-fêtes
La communication de l’honorable Kouadio Martin est venue casser le suspense. Pour l’année 2025, le groupe parlementaire PDCI-RDA devait recevoir un cumul de 280 262 780 FCFA, logés bien sagement sur un compte bancaire.
Au 20 janvier 2026, après déduction des agios (eh oui, même les banques prennent leur part), le solde affichait 280 163 345 FCFA déposés sur le compte subvention BICICI n° CI006 01550 0078975 000 97 65. Les fonds sont donc là, visibles, traçables, et surtout discutés collectivement. Les députés présents se sont accordés sur leur utilisation, refermant ainsi un débat qui ressemblait davantage à une tentative de discrédit qu’à une véritable alerte financière.
Une cabale qui a de la mémoire
Pourquoi rejouer ce vieux film ? Les commanditaires seuls connaissent le scénario. Ce n’est d’ailleurs pas la première projection. En avril 2021 déjà, Simon Doho avait été accusé de détournements immobiliers et financiers (178 millions FCFA, rien que ça). À l’époque, feu le président Henri Konan Bédié avait dénoncé sans détour une « cabale » lors de son discours à Daoukro, apportant publiquement son soutien à l’intéressé.
Au PDCI, les millions ne disparaissent pas. Ils réapparaissent surtout à chaque saison de manœuvres politiques. Quant à Simon Doho, il reste, malgré lui, le héros récurrent d’un feuilleton où la fiction a souvent plus d’imagination que les faits.
















