Le ministre de la Santé et président du conseil régional de l’Agnéby-Tiassa, Pierre Dimba, a dû être exfiltré d’urgence par les forces de sécurité dans la soirée du 9 mai. Ce qui devait être une mission de médiation dans le village de Bôdô (département de Tiassalé) a viré à l’émeute.
Un dialogue de sourds sur la purge foncière
Accompagné du préfet de région et du préfet de département, le ministre tentait de débloquer l’impasse entourant le futur pôle économique du PK 108. Le point d’achoppement reste le montant de la purge des droits coutumiers : l’État propose 1000 francs CFA le mètre carré, une somme jugée dérisoire par les propriétaires terriens locaux.
Le climat, déjà électrique suite aux alertes répétées de Enquête Media , a basculé après l’interpellation d’un jeune leader contestataire en pleine réunion de conciliation.
Bilan sécuritaire et dégâts matériels
L’intervention des forces de l’ordre pour extraire la délégation ministérielle s’est déroulée dans un chaos relatif. La résidence du chef de village et plusieurs véhicules officiels (dont ceux du préfet de région et du sous-préfet) ont été incendiés ou caillassés. Deux gendarmes ont été blessés au cours des heurts. Et une cinquantaine de personnes ont été interpellées et sont actuellement en garde à vue à la brigade territoriale de Tiassalé.
Un projet sous haute surveillance
Ce revers pour Pierre Dimba, figure centrale du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) dans la région, fragilise le calendrier de la plateforme économique. Ce dimanche 10 mai, le village de Bôdô restait largement déserté par ses habitants, fuyant d’éventuelles représailles sécuritaires.
Le dossier est désormais suivi de près par la primature à Abidjan.
















