Au palais de justice d’Abidjan-Plateau, ce vendredi 23 janvier 2026, il n’y avait ni suspense haletant ni retournement théâtral. Juste un juge, des avocats, et une série d’exceptions de procédure méthodiquement balayées.
Dans le procès qui oppose le journaliste Saïd Penda au groupe Ebomaf, le tribunal a rejeté l’ensemble des moyens soulevés par la défense. Une décision nette, sans bavure, qui vient contredire certaines affirmations publiées auparavant par le mis en cause et ouvre désormais grand la porte au débat sur le fond. Autrement dit : fin des préliminaires, place au match principal.
Mieux encore ou pire, selon le camp où l’on se place, le juge s’est dit prêt à ouvrir immédiatement les débats. Mais la défense de Saïd Penda, visiblement moins pressée d’en découdre, a demandé un renvoi. Requête accordée. Prochain rendez-vous, le 13 février.
Présent à l’audience, Saïd Penda, de son vrai nom Mbombo Penda Saïdou, est resté discret. Silence stratégique ou simple retenue ? Difficile à dire. Il attend toujours d’être fixé sur son sort dans une autre procédure qui l’oppose à une société de téléphonie mobile.
À la sortie de la salle, en revanche, le ton était plus affirmé du côté de la partie civile. Maître Likane Thierry, avocat du groupe Ebomaf, assisté de Maître Arnaud Ouédraogo, n’a pas caché sa satisfaction:
« Le juge, dans sa sérénité habituelle, a rejeté toutes les exceptions soulevées par son conseil. Le 13 février, les débats auront lieu et Saïd Penda répondra de ses actes. »
Pour mémoire, lors de la précédente audience, la défense du journaliste avait tenté de faire tomber la plainte avant même que le dossier ne soit examiné en invoquant l’article 90 de la loi sur la presse et contestant de la qualité du plaignant, Kissi Patrice, présenté comme non habilité à agir au nom d’Ebomaf.
Mais mandat à l’appui, les avocats de l’entreprise ont démonté l’argumentaire, soutenus par le parquet. Ce vendredi, le tribunal a définitivement tranché : les exceptions ne tiendront pas lieu de bouclier.
Accusé de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’injures publiques et de dénonciation calomnieuse, Saïd Penda devra désormais affronter le cœur du dossier.
Le duel judiciaire entre Ebomaf et le journaliste entre ainsi dans sa phase la plus sensible. Après les escarmouches procédurales, place aux explications de fond. Le 13 février prochain, cette fois, il ne sera plus question de forme. Le tribunal attend des arguments. Et peut-être, enfin, des réponses.
Source : Enquête Media















