Et si l’élection de Marie-Laure N’Goran ouvrait enfin l’ère des vraies réformes pour les journalistes ivoiriens
Dans le microcosme médiatique ivoirien, l’élection à la Présidence du Conseil Exécutif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) ne devrait jamais être un simple jeu d’alliances ou de calculs corporatistes. Elle engage l’avenir d’une profession fragilisée, parfois précarisée, mais toujours au cœur du combat démocratique. À ce tournant stratégique, le nom de Marie-Laure N’Goran résonne comme une promesse d’opportunités concrètes, attendues depuis trop longtemps par les journalistes de Côte d’Ivoire.
Journaliste présentatrice à la RTI, figure familière du grand public, elle incarne cette génération de professionnels qui ont grandi dans la rigueur du métier, la discipline éditoriale et la pression quotidienne de l’antenne. Son éventuelle élection pourrait marquer un basculement : celui d’une union tournée vers l’action, la crédibilité institutionnelle et les résultats mesurables.
La première attente est bien évidemment salariale. Il ne s’agit plus seulement de revendications symboliques, mais d’une nécessité vitale. Trop de journalistes vivent encore dans une précarité incompatible avec la responsabilité sociale de leur mission. Une présidence Marie-Laure N’Goran pourrait ouvrir un dialogue structuré avec l’État, les groupes de presse et les régulateurs afin de poser les bases d’une grille salariale harmonisée, réaliste et respectueuse de la dignité professionnelle. Valoriser le journaliste, c’est renforcer l’indépendance de l’information.
La seconde urgence est le renforcement de capacités. À l’ère du numérique, de l’intelligence artificielle, du journalisme de données et de la production multiplateforme, rester statique, c’est disparaître. Marie-Laure N’Goran porte l’image d’un professionnalisme moderne. Son leadership pourrait impulser des partenariats solides avec les écoles, les institutions internationales et les médias étrangers pour offrir aux journalistes ivoiriens des formations certifiantes, continues et adaptées aux nouveaux défis du métier.
Mais c’est surtout sur le terrain social que les attentes sont les plus fortes : un projet immobilier efficace. Depuis des années, les journalistes rêvent d’un programme de logements digne de ce nom, pensé pour leurs revenus réels, leurs contraintes professionnelles et leur stabilité familiale. Une UNJCI forte doit être capable de négocier avec l’État, les promoteurs et les banques pour bâtir un projet immobilier crédible, accessible et durable. Ce chantier pourrait devenir l’un des marqueurs historiques du mandat de Marie-Laure N’Goran, s’il est conduit avec rigueur et transparence.
Au-delà des dossiers techniques, c’est une vision qui est attendue : celle d’une UNJCI moins politisée, plus professionnelle, plus solidaire, et surtout plus utile à ses membres. Une organisation qui protège, forme, structure et projette le journaliste ivoirien dans l’avenir.
Si elle est élue, première femme alors à Présider la faitière, Marie-Laure N’Goran aura face à elle un défi immense, mais aussi une opportunité rare : celle d’inscrire son nom non pas seulement dans les archives syndicales, mais dans l’histoire sociale de la presse ivoirienne. Aujourd’hui, les journalistes n’attendent plus des discours. Ils attendent des actes.
Source :Hermann Aboa avec la redaction















