SOCIÉTÉ

Filière anacarde / Les producteurs en colère contre l’Etat

Salif Tenena Coulibaly

Les producteurs d’anacarde de Cote d’Ivoire  sont mécontents.  Ils reprochent à l’Etat de retarder la mise en place de leur interprofession, l’Organisation de l’interprofession agricole (OIA).

 Les producteurs d’anacardes ivoiriens  ne décolèrent pas. La raison est que les acteurs de ce secteur d’activité  envisagent mettre en place leur interprofessionnel, mais cela tarde.  Ils accusent l’Etat (leur tutelle qui est le ministre du commerce) notamment la direction des organisations professionnelles (DOPA) d’être responsable de ce blocage de la mise  en place de l’organisation interprofessionnelle agricole (OIA) , structure qui doit regrouper tous les acteurs du secteur  ( producteurs , acheteurs , exportateurs ) . C’est le  directeur général de la Fédération nationale  des producteurs  d’anacardes de Cote d’Ivoire (FENAPA-CI)  M. Salif Tenena Coulibaly  qui dénonce cet état de fait lors d’un point de presse qu’il a animé récemment.

Selon  M. Salif  Tenena Coulibaly  tous les acteurs  qui composent la filière anacarde  sont   entièrement prêts   pour la création de l’interprofession, les textes qui doivent régir l’organisation sont  déjà  disponibles. Mais l’Etat crée un blocage.  ‘’ Si  nous ne sommes pas  allés  à  l’interprofession , pour moi c’est  la Dopa  qui a échoué et lorsqu’on échoue on doit rendre le tablier , sinon  tous les acteurs que ce soient les producteurs , les acheteurs , les exportateurs , les transformateurs  les acheteurs sont tous prêts à aller à l’OIA  . Ils savent pourquoi ils nous trainent par le bas a dénoncé  le Directeur Général de la FENAPACI M.  Salif Tenena Coulibaly. Dans son élan d’explication le conférencier fera savoir que   ‘’  Seul le Conseil du coton et de l’anacarde, une structure  mise   en place par la tutelle (le Ministère du Commerce) ,  peut  nous expliquer ce qui crée le blocage.  Le Conseil c’est une autorité de régulation, l’interprofession c’est l’affaire des acteurs, il faut plutôt parler de la  Direction des organisations professionnelles agricoles (DOPA), c’est la direction qui a pour mission  de permettre aux  structures d’aller à l’interprofessionnelle.’’ A-t-il précisé.

Le D.G de la FENAPACI a souligné que cet état de fait n’entachera pas la détermination des acteurs du secteur anacarde de se regrouper en interprofession, car toutes les dispositions ont été prises par les acteurs pour le faire les jours à venir. ‘’ (…) beaucoup de choses ont été engagés  beaucoup de choses ont été faites  nous allons nous appuyer sur les acquis pour aller chercher l’interprofession où elle se trouve(…)’’ a-t-il précisé.  Soulignant que les autres secteurs agricoles notamment l’oignon, la volaille, le coton, le palmier à huile … n’ont pas eu de difficultés particulière pour mettre en place leur interprofession.    En plus le conférencier  s’insurge contre l’ingérence de la tutelle dans la création de l’OIA  en dépit de l’ordonnance qui autorise la mise en place de l’interprofession. ‘’ L’ ordonnance  2011-473 du 21 décembre 2011   prise par le Président de la république qui autorisait   toutes les structures  à aller à l’interprofession qui est un cadre où tous les acteurs d’une filière  peuvent se retrouver pour échanger  et être aussi l’interlocuteur de l’Etat mais depuis ce temps nous trainons alors que nous voulons aller à l’OIA  (…) ‘’ ,  a déploré M. Salif Tenana Coulibaly .

‘’  Je pense qu’il y a un problème,  c’est parce que la   filière  anacarde  génère  suffisamment d’argent que l’Etat est plus  regardant. Les autres filières  notamment  la cola , le coton , l’aviculture , le palmier à huile , l’oignon sont allés aisément à  l’interprofession  pourquoi pour  l’anacarde les choses trainent encore   ?   Il ya un problème  ‘’,  a dénoncé  le directeur général de la FENAPA-CI. Et pourtant poursuit –il ,  la mise en place de l’OIA) s’avère  important pour les acteurs de l’anacarde car c’est un cadre formel  d’échanges  entre les acteurs qui permettra de booster  la filière.

Albert Zatté