POLITIQUE

Guillaume Soro, qui est ce jeune homme qui défi tous les pouvoirs depuis 1995 ?

Guillaume Soro quitte le palais présidentiel après une rencontre avec Alassane Ouattara, le 13 mars 2012. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

Abidjan, 03 jan. (Évent News TV) |  Aucun leader mieux que Guillaume Soro n’aura joué la carte du défi de l’autorité, au point d’apparaitre depuis les années 90 comme un robin des bois.

Nombreux sont les téléspectateurs qui évoquent encore en riant ce fameux 04 février 1997 où le ministre de l’intérieur est apparu à la télévision avec à ses côtés un jeune homme visiblement peu heureux de se retrouver sous les feux de rampe.

Ce jeune boudeur, c’est le fameux Guillaume Soro contre qui le ministre de l’intérieur, en compagnie du ministre de l’enseignement supérieur d’alors avait lancé un avis de recherche tonitruant : « Dites à Soro, vous qui savez ou il se trouve, que la police est à sa recherche. Si je le vois, il ira en prison. Les étudiants qui veulent suivent Soro nous trouveront sur leur route. Dites lui que le combat est cessera, faute de combattant dans son camp », s’exprimait le ministre de l’intérieur d’alors.

Guillaume Kigbafori Soro, né le 08 mai 1972 à kofiplé, sous-préfecture de Diawara, dans le département de Ferkessédougou.

En novembre 1999, à la suite de la grave crise qui secoue la Côte d’Ivoire, avec l’arrestation, la détention et la condamnation de la direction du Rassemblement des Républicains (RDR), il est de retour dans son pays pour participer aux côtés de l’opposition aux mobilisations en vue de la libération des prisonniers politiques. Il est en Côte d’Ivoire lorsqu’intervient le coup d’État du 24 décembre 1999. Il avait auparavant créé le Forum international des étudiants francophones (FIEF), se gardant ouvertement de s’allier politiquement au Rassemblement des Républicains d’ Alassane Ouattara

En Décembre 1999 on le voit aux côtés de Robert Guei après son coup d’État réussi, mais il s’oppose à lui et s’allie à Alassane Ouattara lorsque celui-ci est exclu de l’élection présidentielle en 2000.

En 2000, Laurent Gbagbo devient président. Avec la bienveillance du président burkinabè Blaise Compaoré, il s’installe dans une maison modeste de Ouagadougou, où il participe à l’organisation d’une rébellion pour renverser le nouveau chef de l’État.

En 2002, les Forces nouvelles tentent un coup d’État à Abidjan, mais l’opération échoue. Le jeune Robin des Bois ou encore tenni gbanani Guillaume Soro réapparaît en septembre 2002 défi encore son maitre d’hier Laurent Gbagbo après Félix Houphouët Boigny, Henry Konan Bédié, Robert Guei.

En 2002 les Forces nouvelles lancent sans succès une tentative de coup d’État à Abidjan, en qualité de porte-parole puis secrétaire général de la branche politique du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), qui deviennent après les négociations de Linas-Marcoussis, les forces nouvelles de Côte d’Ivoire, mouvement rebelle. Recherché par les militaires ivoiriens, Soro quitte le pays déguisé en femme.

Le poste de secrétaire général par intérim des Forces nouvelles sera entretemps occupé par le ministre d’État, ministre de la Justice, Koné Mamadou, aujourd’hui président du conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire.

Comme tout homme qui se donne les moyens d’atteindre son objectif peu importe la manière et la méthode, Guillaume Soro participe au gouvernement de réconciliation nationale de Février 2003 à mai 2004, puis d’août 2004 à Décembre 2005, comme ministre de la Communication. Le 28 Décembre, il est nommé ministre d’État, de la Reconstruction et de la Réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny.

La signature de l’accord politique de Ouagadougou offre aux Forces nouvelles le poste de Premier ministre. Les Forces nouvelles désignent leur secrétaire général, Guillaume Soro, le 26 mars 2007 pour exercer cette fonction.

Guillaume Soro entre en fonction le 4 avril et son gouvernement est installé trois jours plus tard. Le gouvernement doit mettre en place notamment deux points clefs de l’accord politique de Ouagadougou : la préparation d’élections devant se tenir dans les dix mois à compter de mars 2007, puis l’unification des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) et des Forces armées nationales de Côte-d’Ivoire (FANCI).

Bienvenu octobre 2010 et au revoir, l’élection est terminée, le pays fait face à une situation de crise. Que doit fait Guillaume Soro, lui qui a été associé à la gestion du pays avec Laurent Gbagbo par la force des choses ?

Le jeune Bogota craignant de se retrouver à la rue si Laurent Gbagbo restait au pouvoir décide de s’allier à Alassane Ouattara principal rival de Gbagbo en accrochant son costume de premier ministre au palais présidentiel du nouveau président au golf hôtel.

Bien vu et très bon choix de la part du jeune homme qui est aussitôt confirmé par Alassane Ouattara à son poste de premier ministre au golf hôtel, mais avec pour première mission le départ de Laurent Gbagbo par tous les moyens, chose faite, Guillaume Soro peux désormais rêver grand en exigeant le poste de président de l’assemblée Nationale. Notre Robin des Bois quitte la primature pour l’assemblée Nationale, « Bienvenu Excellence monsieur le Président Guillaume Soro ».

Le premier mandat à la tête de l’assemblée nationale de notre GKS ou encore GSK est à son terme, et le robin des bois à l’impression que son père politique Alassane Ouattara compte le doublé en confiant la présidence de l’assemblée nationale à un autre de ses poulains Amadou Soumahoro.

Que deviendrait le champion de la roublardise ? Un simple député, lui qui était grand. Guillaume Soro ne compte pas s’arrêter là, il défi pour la première fois Alassane Ouattara.

Le coup d’envoi de la mutinerie a été donné dans la nuit du 11 au 12 mai. « Notre stratégie était pacifique : paralyser les casernes et tirer en l’air pour faire entendre notre mécontentement », explique l’ancien rebelle Ibrahim Touré. Guillaume Soro est mis à contribution dans les négociations avec en contrepartie le maintien à son poste de président de l’assemblée nationale si un accord avait été trouvé avec les mutins, chose qu’il réussi et est encore confirmé à ce poste.

Désormais le jeune homme se sent fort, il refuse d’adhérer au rassemblement des Houphouètistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), il maitrisait bien les risques de cet entêtement vis-à-vis de son leader Alassane Ouattara.

N’acceptant pas la désobéissance, Alassane Ouattara vire son poulain, Guillaume Soro de la présidence de l’assemblée nationale.

Erreur fatal pour le premier des Ivoirien Alassane Ouattara, lui qui connait bien le jeune homme. Depuis Guillaume Soro ne ferme plus la bouche « Soro à recommencé à parlé, il parle, parle ne s’arrête plus même hors du pays. L’enfant devient gênant comme avec les autres pouvoirs. Le 22 décembre pendant que l’enfant terrible décidait de se faire plaisir en rentrant au pays via vol privé après six (6) mois d’absence, la justice Ivoirienne lance un mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro pour tentative de déstabilisation. Guillaume Soro est aussitôt alerté et détourne son avion pour le Ghana, l’Espagne et enfin la France où il à repris ses déclarations même contre le président Français Emmanuel.

Le 31 décembre à pendant que tous les ivoiriens s’attendait seulement au message de nouvel an, notre robin des bois a attendu la même heure et la même date pour parler aux Ivoirien dans un apparat de président de la République.

Guillaume Soro a échappé à six tentatives d’assassinat. Les deux plus marquantes sont certainement le guet-apens dans lequel il est tombé dans l’enceinte de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) le 27 juin 2003 ainsi que l’attentat du 29 juin 2007 contre le Fokker 100 qui le transporte.

Ou va notre Robin des bois, Guillaume Soro ?

Nous regardons de plus près.

Silvère Bossiei