ÉCONOMIE

La noix de cajou, la richesse menacée de la Côte d’Ivoire

La mode du grignotage apéritif, associée à celle de la nutrition idéale, ont boosté la consommation de noix de cajou. La production a explosé, notamment en Afrique de l’Ouest, où la Côte d’Ivoire est devenue la première productrice mondiale. Mais l’appât du gain brouille l’avenir de la filière. Malgré une hausse de la consommation mondiale de 7%, le spectre de la surproduction menace.

En 10 ans, le continent africain a doublé sa production. 2,5 millions d’agriculteurs fournissent désormais plus de la moitié du marché mondial de noix de cajou.

La Côte d’Ivoire a relancé sa production après la crise politique de 2011. En trois années, elle a atteint 700.000 tonnes. Le pays est devenu, grâce à ses 350.000 producteurs, le leader mondial de la filière. Mais d’autres nations ont suivi le même chemin. Ainsi, la Guinée-Bissau a lancé la culture dans les années 1990, et s’est rapidement glissée à la troisième place africaine. Elle a exporté 163.000 tonnes en 2017.

Chute des cours
Dans un premier temps, les prix ont grimpé, chauffés par la demande internationale. En Côte d’Ivoire, ils ont triplé, passant de 150 francs CFA en 2006, à 500 francs CFA en 2016 (0,23 à 0,76 euro). Mais aujourd’hui, c’est la décrue pour tous les pays producteurs. En Guinée-Bissau, par exemple, la campagne 2018 s’annonce très compliquée. Les négociants refusent de payer 1000 francs CFA le kilo et la commercialisation est à l’arrêt. Le prix est jugé bien trop élevé par rapport au marché international.

En Côte d’Ivoire également, le climat des affaires est morose. Depuis 2016, les prix sont à la baisse pour tenter de fluidifier le marché. Baisse qui atteintparfois 20%. Le secteur est également pénalisé par la trop faible transformation sur place des récoltes. Les producteurs sont ainsi dépendants des négociants qui travaillent pour l’exportation. En 2016, seulement 45.000 tonnes sur 700.000 ont été transformées en Côte d’Ivoire.

Trésorerie
Pour Massogbe Touré Diabate, PDG de la Société ivoirienne de traitement d’anacarde (SITA SA), «ce sont les moyens financiers aujourd’hui qui manquent». La trésorerie est en effet très sollicitée dans ce secteur d’activité où la matière première est stockée pendant trois mois après la récolte. Le process pour obtenir une noix consommable est long et coûteux.

«Nous avons l’expertise au niveau régional et national et nous essayons aujourd’hui d’expliquer à l’ensemble des partenaires que nous sommes en mesure de transformer la totalité, soit 700 000 tonnes au niveau de la Côte d’Ivoire. Donc nous voulons aujourd’hui des partenaires techniques, financiers, pour nous aider à transformer» explique Massogbe Touré Diabate à Commodafrica.

Or, pour 2018, le pays entend doubler le (…)

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