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POLITIQUE

Côte d’Ivoire : Bictogo, Soumahoro, Ouloto… Qui Ouattara va-t-il choisir pour présider l’Assemblée ?

La nouvelle Assemblée nationale élira son président le 1er avril. Les noms de plusieurs caciques du parti au pouvoir circulent, et la désignation d’une présidente n’est pas exclue.

Les obsèques d’Hamed Bakayoko achevées, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) replonge dans la politique : il prépare l’ouverture de la première session parlementaire de la nouvelle législature, qui aura lieu le 1er avril et au cours de laquelle le président de l’Assemblée nationale sera élu.

Le futur chef de l’Assemblée sera, sans surprise, issu des rangs du parti présidentiel, qui a remporté 137 sièges de députés sur 255, le 6 mars. Mais la défaite de Gilbert Koné Kafana, dont la liste a été battue à Yopougon par celle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), qui était conduite par Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président, a changé la donne.

Avant le scrutin, Kafana faisait en effet figure de favori pour succéder au président sortant, Amadou Soumahoro, annoncé sur le départ. Le RHDP doit donc se trouver un nouveau champion. Et dans ce nouveau Parlement, marqué par le retour des partisans les plus farouches de Laurent Gbagbo, le RHDP sait qu’il aura besoin d’un tribun pour tenir l’hémicycle.

Si, fort d’une majorité absolue, il sait qu’il pourra mécaniquement faire adopter les textes de loi, il devra faire face à une opposition désormais bien décidée à profiter de la tribune que lui offre l’Assemblée pour ouvrir un front supplémentaire dans la bataille de l’opinion.

Bictogo favori

« Il est clair que le président recherche un cadre qui bénéficie d’une grande notoriété et qui jouit du soutien de beaucoup de parlementaires, confie un proche d’Alassanne Ouattara sous couvert d’anonymat. Il veut un vrai poids-lourd. » L’identité de cet élu, capable tout à la fois de contenir l’opposition et de faire consensus au sein de son propre camp, n’est pas encore connue. Mais en coulisses, plusieurs noms circulent.

ADAMA BICTOGO BÉNÉFICIE DE LA CONFIANCE DU CHEF DE L’ÉTAT ET A L’AVANTAGE DE CONNAÎTRE LES ARCANES DU PARTI PRÉSIDENTIEL SUR LE BOUT DES DOIGTS

Loin de s’avouer vaincu, et malgré des soucis de santé, le sortant Amadou Soumahoro, 68 ans, a fait savoir en interne qu’il était toujours « bon pour le service » et qu’il souhaitait rempiler si le chef de l’État lui renouvelait sa confiance. Il en a informé plusieurs cadres du parti, qu’il a personnellement contactés par téléphone.

Mais c’est Adama Bictogo, 59 ans, qui fait figure de favori. Directeur exécutif du RHDP depuis deux ans, il été réélu dans sa circonscription d’Agboville, dans le sud du pays. Il bénéficie de la confiance du chef de l’État et a l’avantage de connaître les arcanes du parti sur le bout des doigts. Son élection à la tête de l’Assemblée serait, pour certains, un prolongement « naturel » du rôle qu’il joue déjà au sein du RHDP. Du perchoir, il pourra continuer à étendre la base de sa formation, en s’appuyant sur les députés qui ont une forte assise locale.

La « carte » féminine ?

Soucieux que les femmes soient mieux représentées sur la scène politique ivoirienne, Alassane Ouattara pourrait toutefois opter pour une candidate. Dans cette optique, deux personnalités se dégagent. Anne Désiré Ouloto, tout d’abord, dont le nom circule déjà avec insistance.

À 55 ans, la ministre de l’Assainissement et de la Salubrité se montre très discrète. Membre du directoire du RHDP, elle en est également l’un des piliers. Lors des législatives, elle a été confortablement réélue à Toulepleu, circonscription frontalière avec le Liberia, considérée comme un fief pro-Gbagbo. Un tour de force qui lui a valu les félicitations appuyées d’Alassane Ouattara. En jouant la carte Ouloto, le RHDP pourrait aussi essayer d’étendre son influence dans les régions de l’Ouest, réputées acquises à l’opposition.

L’autre nom qui circule dans les cénacles du pouvoir, c’est celui de Kandia Camara. À 62 ans, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement technique, réélue à Abobo, imprenable bastion RHDP situé dans le nord d’Abidjan, est secrétaire générale du parti. Elle a l’image d’une militante fougueuse, qui malmène parfois la discipline de sa propre formation.

LE PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA AURA LE DERNIER MOT

Lors de la réception des candidatures, en décembre dernier, elle a ainsi tenté de passer outre le modus operandi mis en place par les instances du RHDP et encouragé les femmes désireuses de briguer la députation à déposer leurs dossiers directement auprès de ses services. Une initiative qui a fait grincer des dents et lui a valu un « recadrage » de la part d’Hamed Bakayoko et d’Adama Bictogo.

Tous les yeux sont désormais tournés vers le palais présidentiel, dans l’attente d’une fumée blanche. Une décision devrait être prise dans les jours qui viennent. « Le président Alassane Ouattara aura le dernier mot, conclut Adama Bictogo. Et la discipline du parti prévaudra, quel que soit son choix. »

Source : Jeune Afrique

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