SOCIÉTÉ

Côte d’Ivoire : sur les traces du réseau de renseignement des dealers dans le pays

Image d'illustration

Abidjan, 10 juin (EVENT NEWS TV) | De plus en plus l’on assiste à une expansion du réseau de drogue dans le pays de Feu Felix Houphouët Boigny sans que les auteurs ne soient inquiétés.

Tout le Pays est désormais quadrillé pas ces trafiquants de drogue exposant ainsi la vie des honnêtes citoyens Ivoiriens. Les autorités Ivoiriennes ne sont telles pas informées de l’existence de ces lieux de perdition par excellence ?

Les fumoirs fleuristes avec de nouvelles méthodes pour échapper à la vigilance des forces de l’ordre, mais peuvent ils être futé que toute une armée ou encore qui sont ces barons aux colles blanc qui soutiennent les trafiquants de drogue ?

Dans cette enquête nous avons fait le tour de 10 quartiers ou se déroule cette activité dans le district d’Abidjan pour comprendre comment procède les trafiquants pour échapper au contrôle de police. Nous démarrons cette enquête par la plus grande commune du pays « Yopougon » et trois sites nous ont permis déjà de comprendre la méthode des dealers dans cette commune.

A la recherche de l’information sur les méthodes des dealers, Yopougon nous facilite la tâche quand nous surprenons des responsables du syndicat des artisans en pleine conversation à la ferraille de Port-Boué 2. Dans cette conversation il s’agissait d’une situation qui prévalait dans le quartier derrière rails.
« Hier un responsable du quartier m’a contacté afin que je mobilise les artisans d’Abobo pour les aidés à incendié le fumoir qui se trouve dans leur quartier car cette activité selon lui entraîne les enfants du quartier à la consommation de la drogue mais j’ai déclinés l’offre car ce n’est pas notre boulot mais celui des forces de l’ordre » explique l’un d’entre eux.

Le deuxième lui explique comment le responsable du fumoir de son quartier fonctionne.
« Les gars ne rentrons pas dans ça, ici même à Port-Boué 2 leur chef travail avec tous les gérants de cabines et d’autres mécaniciens. Imaginez-vous que de l’abattoir jusqu’à la mosquée Doukouré, il leurs donnent de l’argent pour qu’ils signalent toute présence suspect dans le secteur. En plus de ca il paye le loyer de certains parents du quartier et leurs donnes des sacs de riz pour qu’ils ferment leurs yeux sur son bisness et chaque vendredi il immole un gros bélier qu’il partage » explique-t-il.

Dans un souci de vérification de toutes ces informations nous décidons de passer par le trajet indiqué par le second intervenant et nous remarquions qu’à chaque 100 mettre des personnes dont des gérants de cabine nous dévisageait et d’autres en communication, qui appellent ils ?
Pour éviter d’être comme de potentiel suspect nous saluons d’autres et prenions des renseignements sur la clinique grand centre.
Après ce premier secteur nous prenons la direction de la socogi dans les encablures du 16e arrondissement où se trouve un autre fumoir. Sur le chemin nous apercevons des élèves en direction du fumoir et remarquions la présence de personnes à quelques endroits assis autour d’une tasse de thé mais qui en réalité sont les surveillants selon notre accompagnateur qui est aussi résident du quartier.

Une fois sur place le spectacle était impressionnant avec même des élèves en tenues scolaire, certains dans un maquis collé au fumoir, d’autres dans les tchapalodromes à côté du fumoir et la majorité était en plein décalage dans le fumoir. Notre présence dans le fumoir irrite le responsable qui interpelle notre accompagnateur sur l’objet de notre visite, ce dernier lui explique que c’était la même famille et le Big boss nous laisse tranquillement deux minutes avant de nous demander de partir que la police n’allait pas tarder a envahi les lieux. Le spectacle que nous avons vécu dans nous a laissé sur nos fin, des élèves qui sortent des sachets bien scotché de leurs sacs, le contenu n’est autre que la drogue de là nous avions compris que les nouveaux passeurs de drogue sont des élèves, des étudiants et les enfants de la rue.

La question qui m’est venu en tête comment ils peuvent savoir les heures d’arriver de la police ?
Notre accompagnateur nous explique que des personnes sont permanemment placées dans les encablures du 16e pour surveiller l’entrée et la sortie des policiers et l’entrée de toutes les entrées qui conduisent au fumoir. « Quand il doit avoir descentes de policiers c’est seulement les plus petits consommateurs de drogue qu’ils prennent sinon les responsables ont déjà pris la fuite, aujourd’hui je suis heureux d’avoir quitté ce milieu de mafieux » a-t-il conclu.
« Nous sommes impuissant face à cette situation, nous passons par tous les moyens pour que ces gens quittent notre mais rien ne bougent dans ce sens ils ont corrompu même certains résidents qui refusaient le bisness. Aujourd’hui ils les ont dans leurs poches, vraiment dommage » s’exclame une riveraine du quartier. Quand une autre elle craint pour l’avenir des enfants du quartier car selon elle chaque jour les élèves en tenue scolaire sont bien visible dans le fumoir. Même si les deux secteurs visités l’on constate un danger lié à la consommation de la drogue qui pointe à l’horizon, le troisième visité nous donnent froid dans le dos, il s’agit du tristement célèbre quartier Yahossehi.

Ce quartier s’arrache à lui seul la palme d’or et de diamants du danger lié à cette activité. Tous les accès menant à ce quartier sont boucler par les surveillants rémunérés par les dealers avec chacun un téléphone portable et des unités pour signaler tous entrée suspecte dans le périmètre.
A l’entrée de ce quartier par du 16e dans le secteur bien connu des Abidjanais pour les vols répétés, il s’agit du carrefour voleur ou des personnes de diverses activités servent de surveillants au compte des dealers. Ces personnes prennent le soin de ne pas être découvertes mais ignorent un détail, nos accompagnateurs dans chaque secteur sont issus du secteur et maîtrisent tous.

Même constat à l’entrée par la pharmacie du marché de la sicogi ou des personnes sont soit assises au garbadrome où font semblant d’attendre les résultats des jeux de Lotto. Même chose par l’antenne, par le carrefour menuiserie où l’on trouve un pont payant contrôlé par les mêmes surveillants. Par tout le secteur sideci Lem là c’est la totale.

Une fois sur place vous comprendrais que vous êtes dans un autre état à l’image des favelas au Brésil. A Yahossehi tous les jours représente le 11 mai date d’anniversaire de Bob Marley, la drogue coule à flot. Le fumoir n’existe désormais que de nom car tous les endroits sont bons pour s’allumer un joint. Nous avons constaté dans notre enquête la présence d’un maquis dans chaque fumoir.

A Yahossehi, le maquis dénommé gbèssèh gbèssèh en langue nouchi qui signifie 500 franc CFA tous ce qui se commercialise dans le maquis. Nous décidons de visiter ce maquis. A notre arrivé l’on avait l’impression de se retrouver dans une maison en plein incendie avec la fumée de la drogue qui s’envolait et l’odeur nauséabonde qui nous accueille. Des adultes hommes, femmes et des adolescents en pleine partie de décalage comme en Colombie. A cela s’ajoute la prostitution à ciel ouvert en pleine journée d’où l’expression gbèssèh gbèssèh, tous se vend au prix de 500 FCFA. Parmi les produits commercialisés figure les belles de nuits des gamines de 14 à 17 ans, la drogue, les comprimés appelés trémorle qui mettent les consommateurs dans un état sans précédent ou encore la boisson vodis interdite sur le marché mais qui continue de circuler sans savoir qui gère son réseau.

Avec un micro caché, un riverain ne manque pas de s’ouvrir à nous bien que nous ne connaissant pas.
« Mon frère si ce n’est pas moi n’aborde pas la question de la drogue ici sinon c’est ton corps tes parents vont ramasser à Yahossehi si tu as la chance hoooooo. Nous on est habitués à ça dans le quartier. Nos enfants naissent et grandissent dans ça. Seuls ceux qui ont un esprit fort ne rentrent pas dans cette activité sinon 70 pourcent des jeunes du quartier en consomment. Nous avons peur pour nos enfants qui vont à l’école parce que beaucoup d’enfant ont été déscolarisé du fait de la drogue. Nous ne pouvons rien faire face à ces personnes bien organisés et dont on ne connait les soutiens » explique SM.
Un autre nous invite à y passer la nuit pour ne plus poser de question et nous faire notre opinion.

« Ici les lois ne sont pas dictées par les chefs du quartier mais par les dealers et ça va pas quelque part. Même quelqu’un peut rentrer dans ta maison et te frapper sans que ça aille quelque part donc nous ont regardent et on dit rien. Dans nos échanges nous apercevons un groupe de jeunes qui se bagarraient au maquis gbèssèh gbèssèh. Certains avec des couteaux des bouteilles et d’autres avec des bois. Une scène bien assistée certains riverains restés impuissant face à la situation.

Nous restons dans le secteur jusqu’à 23 heure, l’heure de passage du surveillant aux différents postes d’observations. Nous suivons discrètement notre superviseur qui donne les consignes.
« Bonsoir les gars, vous êtes combien ici ce soir ? ». Le surveillant répond nous sommes deux. Rassuré le superviseur dit ok et appelle les surveillants à une vigilance accrue.
Le lendemain très tôt le matin nous prenons la route de la zone Abidjan Sud avec les communes de Port-Boué dans les quartiers Gonzaqueville, Anani et Adjoufou. Ensuite les communes de marcory, Koumassi avec les quartiers Soweto et Divo. Dans les secteurs cités c’est le même constat, la surveillance du business est démise.

Abobo, Adjamé, l’activité prospère, rien ne peut l’arrêté.

A la question de savoir combien reçoivent ces personnes qui se chargent de jouer les agents de sécurité et de renseignements des bouches indiscrètes nous laissent entendre que le salaire journalier des surveillants dépend des entrées. Ceux qui font la journée sont entre 5000 et 10000 FCFA. Ceux de la nuit entre 5000 et 15000 FCFA. Pour les superviseurs entre 20000 et 30000 fCFA pour ceux qui font la nuit car la journée d’autres acteurs font ce travail. Le montant qu’ils reçoivent et leurs fonctions n’ont pu être révélés par nos informateurs. Pour les aides extérieures dont l’identité et la fonction n’ont pas été révéler c’est la somme de 50000 fcfa par jour.

Rappelons que pendant notre enquête nous avons pu dénombrer plus de 1800 personnes comme des personnes qui participent dans le réseau de renseignements des dealers sur toute l’étendu du district d’Abidjan. Mais la grande question c’est d’où sort tout cet argent qui sert à les payés ?
Il est encore temps que les autorités prennent ce problème à bras le corps car cela peut créer un grave problème de sécurité pour les populations. C’est une milice qui sort de terre dans les fumoirs, attention nous l’avions dit dans l’un de nos articles sur le respect du couvre-feu et des mesures barrières, une enquête pendant laquelle un homme en civil aux côtés d’un responsable du fumoir de Yahossehi avait une arme en sa possession dans un bistro.

Silvère Bossiei