POLITIQUE

Depuis Paris le Président Stéphane Kipré interpelle le régime Ouattara

Le samedi 9 novembre 2019, à l’hôtel Napoléon à Paris, la délégation France de l’Union des Nouvelles Générations (UNG) a procédé à la présentation des bureaux de ses structures spécialisées. À cette occasion, le président Stéphane Kipré s’est prononcé sur l’actualité brulante de notre pays. Merci de trouver ici plusieurs extraits de son intervention.

…À PROPOS DES DEFIS À VENIR DE LA CÔTE D’IVOIRE

Quand nous allons achever le combat pour le retour de la démocratie, il va falloir régler le combat de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire. Il va falloir régler le combat du surpeuplement de nos universités, le combat du chômage dans notre pays. Donc, pendant que nous sommes en train de mener le combat pour le retour la démocratie, nous devons commencer à réfléchir au combat de l’entreprenariat, du chômage, de l’agriculture, de l’industrialisation de notre pays, c’est ce que nous devons faire.
Cela ne servira à rien de gagner le combat pour le retour de la démocratie et que ce combat ne puisse pas apporter de nouveaux fruits. C’est le piège dans lequel ceux contre qui nous nous battons, nous entrainent. Je le dis ; quand on a gagné le combat de l’indépendance et qu’on demande qu’on nous laisse gérer, c’est parce qu’on a appris à gérer. Quand tu es souverain et que tu demandes qu’on puisse te laisser bénéficier et jouir des matières premières, c’est parce que tu sais ce que tu dois faire de ces matières premières. Donc nous devons mener ce combat parallèle.
C’est pourquoi il faut aimer se former. La politique est un apprentissage continuel. Hier (vendredi 8 novembre) je suis allé saluer le Président Gbagbo notre chef, hier encore j’apprenais, j’étais assis et je prenais note, j’étais ébahi par ce que j’entendais, chacun doit continuer à apprendre.

…SUR LA FORMATION DE LA JEUNESSE

Savez-vous pourquoi j’ai repris l’école ? Oui je suis le président du parti, mais quand je regarde autour de moi et je vois que tous mes collaborateurs, les Secrétaire Nationaux, notamment le SN KRA qui a un double MBA, le Secrétaire général Adjoint Lago qui a plusieurs masters. Quand je regarde tout ça, je me dis c’est bien d’être président, mais je ne dois pas seulement être le président dans la politique, il faut être capable d’appliquer à soi-même ce que tu demandes à tes collaborateurs.
Quand nous parlons de formation, ce n’est pas seulement la formation politique, il y a aussi la formation académique. C’est important d’avoir une formation académique de qualité pour éviter des ministres de l’éducation nationale comme ce que nous avons en ce moment.
C’est important d’avoir une formation académique de qualité pour éviter ce que nous voyons dans les livres de nos enfants car ce qui se passe dans les livres de nos enfants reflète ce que le ministère de l’éducation nationale montre en Côte d’Ivoire, c’est tout. Que voulez-vous ? Il faut aimer se former dans tous les sens du terme.

… SUR LA PRESIDENTIELLE DE 2020

Chers amis, nous sommes en novembre, donc à moins d’un an des élections en Côte d’Ivoire et la constitution ivoirienne dit que les élections ivoiriennes doivent se tenir le dernier dimanche du mois d’octobre de la cinquième année. Voyez-vous, ce qui se passe en ce moment, pour nous qui sommes partisans d’une Côte d’Ivoire démocratique, vraie et souveraine incarnée par le Président Laurent GBAGBO, ça nous fait rire parce qu’à les entendre parler, ça nous rappelle ce que nous disions depuis 2011, après la proclamation des résultats. Nous avons dit qu’il est inadmissible d’avoir plus de votants que d’inscrits sur des listes à Bouaké. Nous avons aussi dit qu’il est inconcevable que nous ayons zéro (0) voix dans un bureau de vote sachant que nous y avions un représentant. Nous avons aussi relevé les irrégularités au nord en 2010 où nos militants étaient contraints par les armes dans les bureaux de vote.
Aujourd’hui, fort est de constater que les ennemis d’hier sont ceux qui dénoncent ce que nous partisans du président Laurent Gbagbo avons dénoncé hier. Le temps a fini par nous donner raison. Le président Laurent Gbagbo avait pour habitude de dire : « un homme politique laisse des traces. Et ces traces sont indélébiles. ».

Quand vous entendez le président du PDCI, dire qu’il y a des gens, qui sont entrain de frauder pour s’inscrire de façon massive sur les listes, moi j’y crois puisqu’ils étaient ensemble au Golf. Quand j’entends l’ancien premier ministre SORO dire que cette CEI est faite pour frauder, je crois parce qu’ils étaient ensemble au Golf Hôtel.

Chers amis, chers frères, camarades Militants, lorsque tous ces éléments sont réunis, il ne faut pas avoir fait de la science politique ou être devin pour comprendre que la côte d’ivoire fonce tout droit dans le mur. Alors que nous parlons de préparer les élections, le pouvoir en place, lui, prépare la crise post-électorale, qu’il cherche à créer.

Sinon quand tu ne cherches pas à créer le chaos, tu ne peux pas t’amuser à donner la Commission Electorale Indépendante (CEI) à ton copain. Quand on s’est créé soi-même ses opposants, sa société civile, il faut être à mesure de leur confier au moins la CEI pour maquiller sa tricherie future. Mais Ouattara n’a même pas daigné donner la CEI et à sa propre opposition et sa société civile.

A moins d’un an des élections, on parle encore d’arrestations arbitraires ! On accuse encore des personnes de vouloir fomenter encore des coups d’état. Mais diantre ! Nous autres avons déjà été accusés de tous ces maux et nous sommes en exil. On ne peut pas continuer d’arrêter des personnes sous les mêmes chefs d’accusations fallacieux. Ne nous trompons donc pas. Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde que le pouvoir Ouattara. Et aujourd’hui on ne peut plus revendiquer. Dès qu’on commence à revendiquer, ce sont les MI-24 qu’on fait décoller. Quel rôle joue un MI-24 dans un débat politique ? Faisons attention !

Moi je le dis, le pouvoir Ouattara n’est plus crédible pour organiser une élection en Côte d’Ivoire. Parce que quand tu veux organiser une élection crédible, tu écoutes d’abord ton peuple, l’opposition, les religieux et les chefs traditionnels. Hier, nous avons été accusés d’avoir utilisé le slogan « On gagne ou on gagne » aujourd’hui sous leur règne c’est « Tout est bouclé ». Mais en vérité, ils n’ont rien bouclé. C’’est parce qu’ils n’ont rien bouclé qu’ils ont peur des élections démocratiques. En vérité, c’est le peuple qui les a bouclés et qui attend sereinement 2020 pour les gérer.

Autrefois, on nous avait sorti un calcul arithmétique pour justifier la forfaiture. Ce calcul était QUATTARA + BEDIE= Victoire. Aujourd’hui, ils nous disent que GBAGBO + BEDIE = Défaite, quand même. Il faut le reconnaître, il y a un problème.

…À PROPOS DE SON RETOUR EN CÔTE D’IVOIRE

Nous allons rentrer en côte d’ivoire. On viendra appuyer les actions du parti sur le terrain parce que la Côte d’Ivoire appartient à tous. Etant donné que je n’ai demandé la permission à personne pour venir en exil, je ne demanderai la permission à personne pour rentrer au pays. Tant que je serai obligé de passer par le bureau d’un ministre pour annoncer mon retour en Côte d’Ivoire, c’est que la côte d’ivoire n’est pas encore prête à m’accueillir. Le jour je serai libre de prendre mon avion pour rentrer en côte d’ivoire comme j’ai été contraint de monter dans cette pirogue pour sortir de mon pays, je vais rentrer en côte d’ivoire. Et ce jour arrive. C’est ceux qui ne connaissent pas l’histoire de la côte d’ivoire, qui pensent que tout est permis. Quand tu gouvernes un pays que tu n’as pas appris à connaitre, c’est grave.
Les ivoiriens ne veulent plus de crises. Les ivoiriens ne veulent plus voir le sang d’autres ivoiriens couler. Les ivoiriens ne veulent ne veulent plus voir d’autres ivoiriens être contraints d’aller en exil. Toute personne qui aura pour programme de société ce genre de choses ne sera pas suivi par les ivoiriens. Arrêtons de croire que nous sommes les plus forts. Arrêtons de croire que nous détenons la vie de tous les ivoiriens. Arrêtons ! Nous devons aborder la situation de la Côte d’Ivoire avec beaucoup d’humilité, beaucoup de sagesse.
Arrêtons donc de croire que nous sommes des brave’tchê. Arrêtons ! Arrêtons de croire qu’on va juste organiser des élections comme prétexte et garder le pouvoir par la force. Parce qu’ils se disent entre eux et nous les entendons : « Utilisons juste la voie des élections et ensuite, on bloque par la force. » 2020 n’est pas 2010, il y’a dix (10) bonnes années qui les séparent. Allons-y doucement car nul n’a le monopole de la force dans un pays. Ce n’est pas parce qu’on continue de dialoguer qu’on est faible. Le dialogue reste l’arme des forts. Ce n’est pas parce qu’on continue de tirer la sonnette d’alarme qu’on a peur. Non ! C’est parce que nous n’avons que la Côte d’Ivoire comme notre seule terre que Dieu nous a donnée. Alors si elle brûle, elle brûle pour nous. Or il y a certaines personnes qui sauront où partir si elle brûle. C’est la raison pour laquelle nous refusons que la Côte d’Ivoire brûle. Raison pour laquelle nous insistons sur un Dialogue Politique Inclusif (DPI). Raison pour laquelle nous souhaitons vivement un Dialogue entre les présidents Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Ouattara, comme ce fut le cas en 2010, même si la suite n’a pas été comme nous l’avons voulue.

À PROPOS DU RETOUR DU PRESIDENT GBAGBO EN CÔTE D’IVOIRE

Le retour du président Laurent Gbagbo est l’élément déclencheur véritable de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Et en le disant, nous n’avons pas inventé de nouvelles choses. En 2002, il (Gbagbo) a demandé aux ivoiriens de se calmer, afin de donner une chance à la paix en Côte d’Ivoire. Il a privilégié le dialogue avec les rebelles d’alors. Alors son mot est important dans le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire.
Ils ont tout essayé, ils l’ont envoyé à la CPI, la CPI l’a blanchi, que veulent-ils vers la fin ? A un moment donné, il faut arrêter. Quand nous demandons le dialogue, ce n’est pas par peur, mais pour la préservation de notre pays, la Côte d’Ivoire. En parlant de Dialogue, nous voulons qu’ensemble nous trouvions une solution définitive à ces années de crises afin que nous puissions parler du développement de la Côte d’Ivoire. Il nous faut trouver des solutions à ces années de crises afin d’éviter que les ivoiriens partent mourir dans la méditerranée, à la recherche de l’eldorado. Il faut permettre au président Gbagbo de rentrer en Côte d’Ivoire afin de donner un coup d’accélérateur au processus de réconciliation nationale.

…TOURNER DEFINITIVEMENT LA PAGE DES CRISES

Nous voulons définitivement tourner la page des crises afin de développer une autre économie parce que la Côte d’Ivoire ne devra pas éternellement reposer son économie sur le binôme café-cacao. Il faut déjà commencer à développer une 3ème branche de l’économie ivoirienne. On ne peut pas continuer à vendre notre kilogramme de cacao comme le faisaient nos parents hier. Il faut apporter une valeur ajoutée. Il faut pour ce faire commencer l’industrialisation de notre cacao puisque le prix de la fève est différent de celui de la pâte. Hier le prix du kilogramme de cacao pouvait nourrir le paysan, mais aujourd’hui, cela est quasi impossible. Il faut donc que le prix du kilogramme de la pâte de cacao puisse nourrir nos parents paysans. L’industrialisation de notre économie est donc nécessaire, et pour y parvenir, il nous faut sortir définitivement de ces années de crises pour que chacun propose ce qu’il a à proposer aux ivoiriens. Mon souhait à moi est notre sortie le plus rapidement possible de la crise afin que nous parlions de la Côte d’Ivoire.
Une fois sortis de la crise, nous pourrions faire appel à la Jeunesse de l’Union des Nouvelles Générations et demander leur expertise dans le domaine des nouvelles technologies. La politique est en train d’emprisonner l’avenir de la jeunesse ivoirienne, la politique est en train d’emprisonner le développement de notre pays. Il nous faut donc rapidement sortir de ces années de crises.

LE PRESIDENT STEPHANE KIPRÉ INTERPELLE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Pour terminer, et comme nous sommes en Occident, il faut tirer la sonnette d’alarme en leur demandant de prévenir dès maintenant ce qui se présage avant de venir jouer les pompiers plus tard. Il nous faut être des avant-gardistes de crises. L’Afrique ne devra pas seulement chercher toujours des solutions de sortie de crises, il faut à l’Afrique des solutions pour éviter les crises. L’ONU, la CEDEAO, l’UA doivent maintenant introduire dans leurs calepins des solutions pour prévenir les crises au lieu de toujours recourir à des solutions de sortie de crises.

Il faut qu’on le dise tout net : la Côte d’Ivoire va tout droit vers une autre crise. Il est alors temps que toutes ces organisations que sont l’ONU, la CEDEAO, l’UA s’asseyent dès maintenant pour trouver des solutions pour prévenir cette imminente crise. Aucun ivoirien n’acceptera d’aller aux élections de 2020 avec cette CEI. Ce n’est pas possible.

Impossible d’aller à une élection tandis que les armes circulent encore dans le pays. Impossible d’aller à une élection lorsqu’il existe encore des prisonniers politiques. Les militaires n’ont fait qu’exécuter l’ordre des politiques, alors si les politiques sont en liberté, les militaires doivent aussi être en liberté. Pensons donc à cela et arrêtons de nous faire peur. A moins d’un (1) an des élections, il nous faut nous mettre ensemble pour éviter une crise à notre pays. Et je pense que si le pouvoir Ouattara continue sur cette lancée, nous serons dans l’obligation de lui demander de rendre le tablier parce qu’incapable d’organiser les élections. Le pouvoir Ouattara a encore de la chance et la possibilité de rectifier le tir.
La Côte d’Ivoire est un pays uni, les ivoiriens aiment leur pays et nous ne devons pas accepter que des gens abusent de l’amour de notre pays pour pouvoir le détruire. Je demande par conséquent aux religieux, aux chefs traditionnels, à tout le monde que chacun joue sa part pour éviter à la Côte d’Ivoire une autre crise post-électorale.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire
Que Dieu bénisse l’Union des Nouvelles Générations
Stéphane Kipré