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POLITIQUE

En RDC, la peine de Vital Kamerhe réduite en appel de vingt à treize ans

Democratic Republic of Congo (DRC) opposition leader of the UNC party Vital Kamerhe (L) hugs Felix Tshisekedi of the UDF party as he anounces his support to Tshisekedi for the presidential election in December during a press conference in Nairobi, on November 23, 2018. (Photo by Yasuyoshi CHIBA / AFP)

Reconnu coupable du « détournement » de fonds publics, l’ancien président de l’Assemblée nationale clame son innocence. Ses partisans parlent d’un « procès politique » pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2023.

La peine de Vital Kamerhe, condamné pour corruption après avoir été le principal allié de l’actuel président de la république démocratique du Congo , a été réduite de vingt à treize ans de prison mardi 15 juin en appel, a annoncé son avocat, Me Jean-Marie Kabengela.Ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, 62 ans, avait été condamné à vingt ans de « travaux forcés » (de la prison dans les faits)il y a un an   avec deux coaccusés, dans un procès anticorruption sans précédent qui avait passionné les Congolais.

C’est la nuit où tout a basculé. Le 30 janvier, une pluie diluvienne s’abat sur Kinshasa, emportant les tôles bleues qui cachent les travaux de construction des sauts-de-mouton, ces ponts urbains censés fluidifier la circulation dans la capitale congolaise. Le lendemain matin, les Kinois découvrent avec stupeur des chantiers à l’arrêt, malgré les millions de dollars dépensés par l’Etat depuis presque un an.

Dans sa résidence de la cité de l’Union africaine, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi fulmine. Ces travaux étaient la vitrine de son programme des « 100 jours » censé marquer un nouveau départ. Or, depuis des mois, « les rapports s’accumulaient sur le bureau du président, évoquant de possibles détournements de fonds, se souvient l’un de ses conseillers. Le même nom revenait très souvent : Vital Kamerhe. »

Celui que l’on surnomme « VK » ou le « président bis » est, avant sa condamnation à vingt ans de prison pour détournement de fonds publics et corruption, le tout-puissant directeur de cabinet du président Tshisekedi. Originaire du Sud-Kivu, dans l’est du pays, ce stratège politique a longtemps servi Joseph Kabila comme conseiller puis ministre, avant d’être élu à la présidence de l’Assemblée nationale (2006-2009).Quand la rupture est consommée avec l’ancien chef de l’Etat, il passe dans l’opposition, crée son propre parti et tente un rapprochement avec l’opposant historique Etienne Tshisekedi, sans succès.

« Rétrocommissions »

L’alliance se fera finalement avec le fils, Félix. Fin 2018, à Nairobi, la capitale kenyane, les deux hommes se mettent d’accord : en cas de victoire du second à la présidentielle, « VK » lui succéderait à la tête de l’Etat en 2023. Après une élection entachée d’importants soupçons de fraudes, l’actuel président se voit également obligé de composer avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila, et accepte de former une coalition avec sa plate-forme politique, le Front commun pour le Congo (FCC), qui remporte les deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale.

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