POLITIQUE

Parlement sous-régional : Le niet de la Cedeao à la Côte d’Ivoire qui réclamait ‘’ 2 tabourets’’

Amadou Soumahoro, député de Séguéla, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire

« J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que le remplacement d’un député au Parlement de la CEDEAO est régi par les dispositions pertinentes de l’Acte Additionnel A/SA 1/12/16 du 17 décembre 2016 relatif au renforcement des prérogatives du Parlement de la CEDEAO et du Règlement intérieur de la quatrième Législature », ce cours élémentaire de droit est un passage de la lettre du 7 mai 2019, transmise par le président du parlement de la Cedeao à Amadou Soumahoro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Le bras droit d’Alassane Ouattara, après avoir imposé (souvent en contradiction avec les règles) ses façons de faire au parlement ivoirien dont il est à la tête depuis la démission forcée de Guillaume Soro, voulait en effet mettre terme aux mandats de deux députés ivoiriens qui siègent au parlement de la Cedeao. Sans aucun doute dans la logique de la politique en vigueur du RHDP d’arracher ‘’ le tabouret’’ (les postes) à tous les cadres non membre de ce parti .

Cette volonté, il l’avait exprimé dans un courrier dont la réponse vient ainsi de lui parvenir.

« c’est avec regret que je vous informe que le Parlement ne peut procéder au remplacement des honorables Sale Poli et Touré Yah et recevoir en conséquence la prestation de serment des nouveaux députés » précise  Moustapha Cissé Lo , le président du parlement de la CEDEAO qui fait remarquer au premier des législateurs ivoiriens que  le député est élu pour une période de quatre ans (…) le député qui a prêté serment au parlement de la CEDEAO en demeure membre et ne peut être ni remplacé, ni demis, tant qu’il siège dans son parlement national ( … ) le mandat prend fin qu’en cas de décès ou de démission du député »

Les deux députés indésirables  ont prêté serment au parlement de la Cedeao  les 04 février 2016 pour Poli et et le 08 mars 2019 pour Touré.

Ce courrier du parlement sous régional, véritable honte pour la Côte d’Ivoire, vient en même temps que deux autres qui sont une première en Côte d’Ivoire. Ceux du 08 mai 2019 des députées Anigo épse Attoungbré Affoué de Bouaké et Camara Kinaya Juliette de Katiola qui ont été élues sur proposition d’Amadou Soumahoro au poste de vice-président et secrétaire de l’Assemblée nationale.

« Contrairement à la pratique parlementaire, le Groupe parlementaire Pdci-Rda auquel j’appartiens n’a pas été consulté ou n’a pas donné son agrément à la proposition de nomination que vous me faites » évoquent-elles comme raison du refus de l’honneur qui leur était fait.

Blaise BONSIE