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Sénégal / Prestation de serment de Macky Sall : le quinquennat de tous les enjeux économiques

Macky Sall, Président du Sénégal

Le président Macky Sall du Sénégal a prêté serment le 2 avril 2019 pour un second mandat pleins d’enjeux politiques et économiques . La consolidation de l’Etat de droit à travers la réaffirmation des rôles des trois pouvoirs (exécutif, judiciaire et le législatif) constitue certainement la ligne directrice du pays depuis son indépendance.

Mais le second mandat du président réélu avec 58,27% des voix devra être l’occasion de grands investissements. Le président de la République a annoncé le lancement d’un vaste programme de construction de 100 mille logements sur cinq ans pour permettre aux Sénégalais d’avoir ’’un logement décent, à un coût accessible’’. Macky Sall s’est engagé sur un Sénégal propre débarrassé de l’anarchie urbaine et de l’occupation de l’espace public.

Le quinquennat entamé sera aussi celui grandes réformes macroéconomiques en vue de réduire le train de vie de l’Etat conformément aux attentes des partenaires financiers et techniques dont le FMI. Il en faudrait plus pour que le Sénégal puisse maintenir sa capacité de mobilisation des ressources à l’international.

Ne comptant pas faire recours au guichet UMOA-Titres courant 2019, Dakar envisage certainement une sortie sur le compartiment obligataire de la BRVM et, surtout, un nouvel Eurobond. Ce dernier cas de figure dépend d’un certain nombre d’indicateurs extérieurs (taux d’intérêt à l’international , politique de la FED) mais surtout des appréciations des politiques macroéconomiques par le FMI, les agences de notation et les investisseurs en général. La réduction du train de vie de l’Etat fait partie des critères classiques exigés des émetteurs d’obligation.

La rationalisation de la masse salariale de l’Etat passe par une restructuration de certaines agences spécialisées. Les Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip), le Fonds souverain Fonsis, l’Agence des PME (Anpme ), le Bureau de l’opérationalisation du Plan Sénégal Emergent (BOS) et le guichet unique APIX, gagneraient à être fusionnées en un super guichet unique placé sous la tutelle du ministère des Finances et alliant l’encadrement technique et l’accompagnement des projets de la phase de conseil à celle du financement et de l’exécution. D’aucuns se surprennent à rêver d’un ministère des Finances rattaché à la Primature afin de réduire la chaîne d’exécution des projets économiques.

En face de la Primature, un super ministère de l’Economie, du Plan et de la Prospective en charge du PSE fera office de contre-pouvoir aux Finances. Ledit ministère doit être le repère des technocrates et des analystes producteurs de rapports permettant aux Finances d’anticiper sur les variations des taux et les fluctuations des denrées de base.La rationalisation du fonctionnement de l’Etat a partout été synonyme de célérité. La phase 2 du Plan Sénégal Emergent en aura fort besoin. Ce programme de 14 098 milliards de francs CFA vise la réalisation de 700 projets et un objectif de croissance du PIB à 9, 1 % sur la période 2019-2023. Le petit coup de pouce en sera certainement le démarrage de l’exploitation pétrolière à la fin 2021

Source : Financial Afrik