POLITIQUE

Côte d’Ivoire/ La rumeur libère une soixantaine de détenus militaires

Une information faisant état de la libération d’une soixantaine de détenus militaires a circulé ce jeudi 30 août 2018 à Abidjan.

C’est Rti_info, site officiel de la chaîne nationale qui a ouvert cette boîte aux pandores. Elle est reprise par un célèbre cyberactiviste. Telle une trainée de poudre, la nouvelle se repand. Quelques coups de fils suffisent pour se rendre compte que seul le site officiel du média d’Etat détient cette information accompagnée d’une photo d’illustration. Ni le Front populaire ivoirien (FPI), principal parti de l’opposition, ni les associations des parents des détenus ne disposent de cette information.  Passées par toutes les émotions face à ce qui s’avère être finalement une plaisanterie de mauvais goût, celles-ci montent au créneau. « Nous nous inscrivons en faux par rapport à cette information car nos parents sont encore en prison et il n’y a pas eu de libération ce jour », dément Simone Datté, présidente du Collectif des Femmes et Détenus de Côte d’Ivoire (COFED). Celle-ci ne manque pas de lever le bouclier contre le média d’Etat qu’elle accuse de raconter ‘‘des contre-vérités comme à l’accoutumée’’.

« Pour information, nous avons 30 prisonniers dont 21 militaires et 9 civiles que le pouvoir détient dans ses géôles », précise-t-elle. Même son de cloche pour Désirée Douati, présidente de l’Association des Femmes et Familles de Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI) qui fait savoir sur sa page Facebook que le Général Dogbo Blé est bel et bien maintenu dans les liens de la détention.

En somme, si l’origine de cette information est connue, sa véracité reste incertaine. Fuite ou ballon d’essai, cette information particpe jette le discrédit sur le média d’Etat dans son ensemble. Il lui appartient impérativement de la confirmer ou de la démentir. Il y va de sa crédibilité. La libération des détenus militaires est vivement attendue en Côte d’Ivoire suite à l’annonce d’une amnistie à l’endroit de 800 détenus dont Simone Gbagbo, l’ex-première Dame et les ministres Lida Kouassi Moise, Assoua Adou prononcée par le chef de l’Etat Alassane Ouattara le 6 août 2018.

Cyrille NAHIN