POLITIQUE

Côte d’Ivoire : l’Affaire Ehouo Jacques  divise les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire

La photo du ministre de la justice Sansan Kambiré, utilisée juste à titre d'illustration

Dans un communiqué rendu public le dimanche 13 janvier 2019, le Garde des sceaux, ministre de la justice et des droits de l’Homme, Sansan Kambilé interpelle le député Oulat Privat, vice président de l’assemblée nationale au respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire. De quoi s’agit-il ?

Le vendredi 11 janvier dernier, le procureur de la république au cours d’une conférence de presse  a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire sans mandat de dépôt contre Ehouo Jacques et un mandat d’arrêt contre Noel Akossi Bendjo (ancien maire du plateau et actuellement en exil en France, NDLR) mais aussi contre le député de Fresco, Alain Lobognon.

A 15h, dans une déclaration lue par le député Oulat Privat, au nom du bureau de l’assemblée nationale, celle-ci a demandé la suspension de toute poursuite contre le député Ehouo Jacques. « Le député n’agit pas par procuration (…) L’indice de sécurité et la justice sont deux facteurs qui attirent les investisseurs dans le pays (…) Il est bon d’avoir un budget conséquent pour le fonctionnement du pays, il est aussi bon d’avoir une justice outillée qui répond aux aspirations du peuple (…) Les députés qui ont voté les dispositions légales discutées connaissent mieux que quiconque l’esprit et la lettre des différents articles de la Constitution » avait justifié le porte-parole du bureau de l’Assemblée nationale ( le pouvoir législatif).

48 heures après, c’est le ministre de la justice (pouvoir exécutif) qui prend fait et cause pour le procureur de la république (pouvoir judiciaire). Pour le ministre Sansan Kambilé qui cite l’article 143 de la Constitution du 8 novembre 2016, la justice est rendue sur toute l’étendue du territoire nationale au nom du peuple ivoirien. « La séparation des pouvoirs voulue par le peuple ivoirien a un sens que tous, à quelque niveau que l’on se situe devraient se garder de dévoyer par des déclarations ou comportements inappropriés » a conclu Sansan Kambilé.

Déjà le 1er août 2018, longtemps avant même que le maire intérimaire du Plateau ne porte plainte et que le pouvoir judiciaire ( à travers le procureur ) s’en saisisse pour poursuivre aujourd’hui Akossi Bendjo et Jacques Ehouo, le pouvoir exécutif, sans aucun acte judiciaire, avait donné le ton de cette affaire en révoquant en plein conseil des ministres, le maire Akossi Bendjo.

 

Ouattara Salifou

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