POLITIQUE

Interview de Jean-Charles Flangba Gueye

A 41 ans, il veut être le futur Président de la Côte d’Ivoire. En France, où il vit depuis 20 ans, il multiplie contacts et séances de travail pour atteindre son objectif. Lui, c’est Jean-Charles Flangba Gueye.

Homme d’affaires, il est natif de Facobly et de Guibéroua. Dans un entretien qu’il a bien voulu accorder à l’Inter, il explique son projet.

Jean-Charles Flangba Gueye, vous voulez être Président de la République de Côte d’Ivoire?

Votre question est bien directe. Rire (…). Il faut dire que mon mouvement qui sort de la société civile et moi-même, souhaitons effectivement être en course pour la prochaine élection présidentielle Ivoirienne. Nous vous répondons donc: oui, nous voulons être le futur Président de la République de Côte d’Ivoire. Cependant, nous appartenons à une organisation et la décision qu’elle prendra le moment venu, s’imposera à nous. Nous sommes respectueux de la légalité et lorsque l’on appartient à une organisation, on respecte ses décisions et ses règles. Par la suite, il appartiendra au peuple Ivoirien, de décider si nous sommes les successeurs d’Alassane Ouattara.

Comment s’appelle votre mouvement? Est-il présent en Côte d’Ivoire?

Évolution est le nom de mon mouvement. Je l’ai créé il y a 3 ans, afin de répondre aux questions que se posent les Africains et surtout les Ivoiriens. Ces questions sont centrées sur sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés quotidiennement. Ce mouvement est le fruit de réflexions de plusieurs Ivoiriens et a vu le jour ici, en France. Ses actions sont dirigées vers et pour la Côte d’Ivoire. Nous y avons d’ailleurs, déjà posé plusieurs actions sur le plan social.

Aujourd’hui, Évolution prend son envol avec des ambitions plus importantes. Nous sommes actuellement présents de façon modeste. Au vu de notre ambition, nous allons ensemble, sillonner toute la Côte d’Ivoire pour toucher du doigt, les réalités des Ivoiriens et penser avec eux, aux solutions envisageables. C’est d’ailleurs le recueil de toutes ces préoccupations qui nous permettra d’enrichir notre projet d’une véritable société Ivoirienne. Ce jour est l’occasion pour moi, d’inviter tous les Ivoiriens, hommes, femmes et notre jeunesse, à s’identifier dans ce mouvement et se l’approprier. Ce mouvement se refuse à être politique il est citoyen.

Vous êtes totalement inconnu du paysage politique Ivoirien et ajouté à votre jeune âge, on est tenté de vous demander si vous avez les moyens de votre politique.

Permettez que je réponde à votre question sous ses 2 aspects. D’abord en ce qui concerne l’âge. Je vous rappelle que Emmanuel Macron est devenu Président à 39 ans, Barack Obama à 48 ans, Laurent Gbagbo s’est présenté aux présidentielles de 1990 à 45 ans, Guillaume Soro est devenu 1er Ministre à 35 ans. En 1961, Henri Konan Bédié est devenu ambassadeur auprès des États-Unis à  27 ans. Les exemples sont nombreux, mais nous ne voulons pas nous comparer. Juste pour vous faire remarquer que les questions de gestions des hommes et des choses publiques, ne sont pas une question d’âge ni de génération. Notre parcours et nos expériences confortent notre idée que justement, grâce à notre âge et notre vision, nous avons les aptitudes pour faire de la Côte d’Ivoire, un grand et beau pays, où il fait bon vivre.

En ce qui concerne les moyens, l’homme politique que je veux devenir, met au au coeur de ses moyens: la population Ivoirienne. L’ensemble de la population, les hommes, les femmes et surtout notre jeunesse. C’est pour eux et avec eux que je porte ce projet. Oui, nous avons mon mouvement et moi-même, les moyens de notre politique.

Nous sommes encore inconnus dans le paysage politique Ivoirien, c’est un atout. Nous n’avons justement pas de passé politique, pas de polémiques. Nous sommes une page vierge à écrire pour une nouvelle politique en Côte d’Ivoire. Ce moment d’écriture est venu pour nous à Évolution et pour notre belle nation.

Quels sont vos projets pour la Côte d’Ivoire?

Aujourd’hui, il faut rester lucide, tout ou presque est à réformer et en profondeur.

L’éducation, la santé, l’économie, tout est une priorité et nous avons les moyens de changer. L’Union et la réconciliation sont un slogan. L’école est devenue  une angoisse pour les parents. Les hôpitaux sont presque des rendez-vous avec la mort. Ceci n’est plus acceptable et ces axes sont une priorité dans le changement de la Côte d’Ivoire.

Dans les prochaines semaines, point par point, à travers fascicules et rencontres, nous expliquerons ce projet. Nous allons partir à l’écoute des Ivoiriennes et Ivoiriens,à travers une tournée et des missions dans tout le pays.

Aujourd’hui, quel est votre regard sur l’actualité Ivoirienne? 

Pour nous, l’actualité Ivoirienne est la difficile réalité de nos concitoyens. La jeunesse en perdition, un taux de chômage effrayant, la dégradation des soins et des accès aux soins. La souffrance de nos parents ne cesse de croître.

D’accord! Mais parlons de l’actualité politique. Quel est votre regard sur l’évolution des choses entre le gouvernement et l’opposition par rapport à la présidentielle de 2020, à laquelle vous êtes d’ailleurs candidat.

Parler  de la présidentielle, c’est parler en 1er lieu de la Commission Électorale Indépendante. Tel que les choses ont été menées, ne rassure pas sur une compétition libre et équitable. L’idéal pour nous, aurait été que cette structure soit confiée à une société civile!e, indépendante et surtout sans corruption . Ce dernier point  fait partie d’une de mes plus grandes priorités: éradiquer toute forme de corruption dans toutes les couches dans la société Ivoirienne.

Pour une présidentielle équitable, tout citoyen doit être en possession de sa carte d’identité. Ce document ne doit pas être un instrument de vote, il est soumis au coût lié au timbre. La carte d’identité doit être rendue gratuite, afin de ne donner la possibilité à tous les Ivoiriens de pouvoir s’exprimer aux urnes. La carte d’identité est un document officiel confirmant votre appartenance à votre pays, son accès ne doit pas être réservé aux plus aisés. Les plus modestes sont autant citoyens de la Côte d’Ivoire que les plus aisés  et chacun a le droit de participer à la vie et l’évolution de notre nation.

Ce qui m’amène à dire que le gouvernement n’a justement pas tenu compte de tous ses concitoyens, mais plutôt de sa réélection. Le cautionnement de candidature à 100 millions de francs CFA, c’est le souhait du gouvernement. Cela revient à dire, que les plus modestes n’aient pas accès à la magistrature suprême et que la Présidence de la République de Côte d’Ivoire ne serait réservé qu’aux riches. Tout ceci rendrait fragile l4s piliers de la démocratie qui est en construction dans notre pays.

Un mot de fin, pour mettre un terme à cet entretien?

Je tiens tout d’abord à vous remercier de m’avoir permis de m’exprimer auprès des Ivoiriens. Je tiens à saluer votre ligne éditoriale,qui permet à tout le monde d’avoir le droit à la parole dans la presse Ivoirienne.

Je souhaite pour terminer insister sur l’importance de notre population, surtout notre jeunesse qui va nous aider à construire notre évolution. Son implication est l’occasion de s’affirmer, de se responsabiliser et d’être indépendante face une ancienne politique. Évolution est le réveil des consciences Ivoiriennes, l’union de toute une nation, de tout un peuple et peu importe de quel endroit du pays  vous venez. Nous sommes tous des citoyens de la Côte d’Ivoire. Chacun a sa place dans le mouvement Évolution, hommes, femmes, la jeunesse et nos anciens. Notre destin est entre nos mains et nous avons les moyens, ensemble, de changer les choses. Rejoignez nous dans cette nouvelle vision de la Côte d’Ivoire et mettons l’évolution en marche dès ce mois d’octobre 2020.