SOCIÉTÉ

Affaire Segahi, le Maire de Bangolo M.Gah Roger formel :”pour nous les Wê la limite naturelle c’est la rivière Koh”

L’affaire segahi est devenue une véritable patate chaude entre les mains du préfet de Bangolo et ses mandants. C’est ce que l’on pourrait retenir de cette affaire qui va de rebondissement en rebondissement. Annoncé par le corps préfectoral comme une rumeur, l’annexion du Mont Segahi a été reconnu enfin par le préfet de Bangolo.

Le projet de délimitation des frontières entre les régions du Guémon et du Tonkpi continue de faire la une de l’actualité à l’ouest. Alors qu’on croyait que tout était bouclé, le corps préfectoral vient de jeter l’éponge face au mécontentement généralisé de la population du Guémon qui s’est sentie lésée dans la délimitation des frontières entre les circonscriptions de Bangolo et de Logoualé. En effet, le 6 septembre dernier, Cherif Birahima, préfet du département de Bangolo avait annoncé face aux élus et cadres Logoualé le prolongement de la frontière de cette sous préfecture de 05 kilomètres dans de sens de Bangolo annexant ici le mont Segahi (contenant un important gisement minier) dont Bangolo réclame la paternité depuis la nuit des temps. Une décision qui a suscité l’indignation chez les élus et cadres du Guémon qui n’ont été associé à cette rencontre hautement importante. Même son de cloche chez les jeunes de Bangolo qui ont ténu un sin- ting devant les locaux de la préfecture le11 septembre pour manifester leur colère. Ce jour là, face aux manifestants, le secrétariat général de préfecture avait botté le sujet en touche. “Qui vous a dit que le mont Segahi appartient à Logoualé ? C’est une rumeur”, avait rassuré Mamadou Coulibaly, secrétaire général de préfecture assumant l’intérim du préfet absent ce jour aux jeunes venus en grand nombre s’enquérir des nouvelles sur la nouvelle délimitation entre Logoualé et Bangolo.

Le samedi dernier, c’est autours des élus d’emboucher la trompette. Une forte délégation des élus du Guémon, conduite par l’honorable Simon Doho, député de Bangolo sous-préfecture a été reçu par le corps préfectoral à bangolo. La rencontre s’est tenue loin des projecteurs du fait de la “sensibilité” du sujet à l’ordre du jour. Selon des témoins ayant participé à la dite réunion, le préfet Cherif Birahima aurait finalement reconnu avoir pris avec le préfet de région du Tonkpi la décision de prolonger les limites de la sous-préfecture de logouale de 5 kilomètres en direction de bangolo sur instruction de sa hiérarchie. Il a par ailleurs informer les élus du retrait pur et simple de cet arrêté au regard des différentes manifestations de mécontentements qu’il a engendré.

“L’information qui nous avait été donné est confirmée. La décision prise par le préfet du département et le préfet de région du tonkpi qui paraissait irrévocable a été retiré. Nous laissons la place à la discussion entre les deux peuples frères”, a déclaré Arsène Roger Gah, maire de la commune de Bangolo et porte- parole de la délégation des élus. “C’est par la raison qu’on arrive à déraisonner les autres. Nous n’avons pas accepter ce qui nous a été rapporté si bien que j’ai trouvé malheureux la sortie de ma sœur et collègue de Logouale. Nous avons la possibilité de discuter avec nous parents (yacouba), pour situer la frontière naturelle qui existait déjà entre les deux peuples et qui maintenait la cohésion. Pourquoi c’est maintenant qu’il faille mettre cette frontière naturelle en cause?”, C’est interrogé Arsène Roger Gah. Continuant dans son intervention, le maire de Bangolo a rappelé qu’il était important de pérenniser les acquis qui ont maintenus la paix et la stabilité entre les deux peuples frères. “Il faut revenir sur les réalités qui ont fait que nous sommes restés depuis longtemps en bon entente. Et cette bon entente pour nous les wê c’est le respect de cette limite naturelle qui est la rivière koh”, a t–il conclut.

Pour le président de la jeunesse communale de Bangolo initiateur du sit- ing c’est une victoire. “Nous sommes heureux enfin de savoir que le préfet ait compris pour retirer son arrêté. Nous sommes soulager mais nous restons vigilants car le Mont Segahi est notre identité culturelle et jamais nous ne pouvons accepter d’être spolié de notre héritage”, a déclaré Romaric Didier Gonhi président de la jeunesse communale.
Pour rappel les localités de Bangolo et de Logouale se disputent la paternité du Mont Segahi depuis des décennies. Un nouveau comité de gestion sera mis en place pour réengager les discussions entre les deux partie pour trouver une solution consensuelle.

TIMON FRANCIOLY