AFRIQUE & MONDE

En Afrique, les villes s’étalent et les campagnes s’urbanisent

Un rapport met l’accent sur la densification accélérée des zones rurales.

Le rapport de l’OCDE/Club du Sahel Dynamiques de l’urbanisation africaine 2020 met en lumière une forme d’urbanisation propre à l’Afrique : “L’émergence de villes à la campagne“. La base de données Africapolis, construite à partir d’images satellites, recoupées par une cartographie au sol, permet un regard nouveau sur l’urbanisation africaine.

Si par le passé, les migrations entres zones rurales et urbaines constituaient le principal levier de la croissance urbaine, ce n’est plus le cas aujourd’hui. “La croissance des villes en Afrique est due seulement pour un tiers à l’exode rural et pour deux tiers aux naissances d’enfants de citadins. C’est vrai en particulier pour les pays du Sahel”, affirme le rapport.

La base de données Africapolis met également en évidence la densification accélérée des zones rurales avec l’émergence de 5 000 villes de moins de 30 000 habitants. D’anciens gros villages qui deviennent des bourgs et sont appelés à poursuivre leur croissance, ce qui rend l’urbanisation africaine unique.

Une délimitation entre rural et urbain de plus en plus floue

Le rapport de l’OCDE/Club du Sahel souligne l’existence de milliers d’agglomérations urbaines non enregistrées dans les statistiques officielles, dans des zones encore considérées comme rurales. L’ampleur de ce phénomène est frappant et ne concerne pas uniquement les petites villes ou les banlieues des grandes villes, mais des agglomérations de toutes tailles. Certaines dépassent le million d’habitants : Onitsha (Nigeria), Sodo et Hawassa (Ethiopie), Kisii et Kisumu (Kenya), Bafoussam (Cameroun) ou Mbale (Ouganda). Elles émergent sous l’effet des transformations démographiques rurales (densification) qui brouillent les frontières entre le rural et l’urbain.

Depuis 2010, la population urbaine de l’Afrique croît en moyenne de 21 millions de personnes par an. Si l’on cumule l’ensemble des recensements nationaux, l’Afrique comptait, en 2015, 25 agglomérations de plus de trois millions d’habitants, 74 de plus d’un million, 222 agglomérations de plus de 300 000 habitants, 700 de plus 100 000. Le Caire, Lagos, Johannesburg, Kinshasa étant à ce jour les plus grandes villes du continent avec plus de dix millions d’habitants. Bientôt rejointes par Luanda, Dar es Salaam…

On estime entre 40 et 50% le nombre d’Africains vivant dans des villes. Par ailleurs, 22 pays affichent déjà un niveau d’urbanisation supérieur à 50%, comme L’Egypte, la Libye, l’Afrique du Sud et le Gabon qui font partie des pays africains les plus urbanisés.

Densification des territoires

On le savait, sous l’effet de sa forte croissance démographique, le continent connaît la croissance urbaine la plus rapide du monde. La population devrait encore y doubler d’ici 2050 et les villes vont accueillir 950 millions de personnes supplémentaires.

Cependant, la transformation majeure de la société africaine résulte de l’émergence de milliers de villes petites et intermédiaires. Ces gros villages qui sont devenus au fil des ans, de véritables petites villes, estompant les frontières entre ruralité et urbain. “Une nouvelle forme urbaine propre à l’Afrique émerge dans des zones denses traditionnellement rurales”, résume le rapport.

L’émergence de nouveaux centres urbains “dans les campagnes” modifie également la répartition de la population entre les côtes et l’intérieur des terrres. 210 millions d’Africains habitent déjà l’une des 1 400 villes intermédiaires du continent.

Plusieurs phénomènes s’observent : les villes s’étalent et des campagnes densément peuplées deviennent urbaines. Elles finissent parfois par se rapprocher jusqu’à former des conurbations. Les agglomérations tendent de plus en plus à absorber des villages, des hameaux et même des villes. La pression sur l’environnement, par le jeu de l’extension urbaine et agricole, se fait d’autant plus forte.

Source: France info

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