SOCIÉTÉ

Côte d’Ivoire : Un enseignant tue son frère pour une plantation héritée de leur père

Diomandé Benjamin, l'enseignant désormais meurtrier / Photo EVENTNEWS.TV

Diomandé Benjamin, enseignant dans une école du primaire de la ville de Man, dans l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire, est désormais le présumé assassin de son grand frère Diomandé David, un planteur, tué par balles dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 avril 2019.  C’est en tout cas les conclusions de l’enquête ouverte dès l’éclatement de cette affaire par les services de la police criminelle conduite dans la région par le capitaine Beugré Dakoury.

Selon les faits, ce sont les exploitations d’objets ramassés le lendemain des faits par un écolier dans la cour de l’école primaire publique du quartier  Grand-Gbapleu de Man qui ont permis de mettre la main sur le présumé auteur du meurtre. Il s’agit précisément d’une arme à feu de fabrication artisanale à canon scié et surtout d’un téléphone portable.

Les différentes puces trouvées dans le téléphone ont effet indiqué que l’appareil retrouvé appartient à Diomandé Benjamin. Interpellé, ce dernier, a  nié être impliqué dans cet assassinat.

Aux différentes questions des enquêteurs, il prétextera que son téléphone serait tombé dans un kiosque. Ce qui va s’avérer faux, lorsque le gérant du kiosque en question sera interrogé. Il fera ensuite croire qu’il était à l’église la nuit du crime. Ce qui n’était non plus pas vrai. C’est donc acculé, que Diomandé Benjamin fini par tout avouer.

Selon lui, son grand frère qui a en charge la plantation familiale refuse de procéder au partage des biens malgré son insistance. C’est donc mécontent qu’il décide de se venger en mettant fin à la vie de l’aîné. Il va donc s’acheter un fusil canon scié et attendre de pied ferme son grand frère. C’est ainsi que la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 avril, il le surprend, ramassant les graviers de sa femme. Il dit avoir foncé sur lui dans la nuit noir et lui a tiré dessus à bout portant, avant de prendre la poudre d’escampette après avoir jeté l’arme. C’est dans cette fuite que son téléphone portable va tomber.

«Mon mari est un planteur, il ne vit pas ici. Il est toujours au village à Gourané ( dans la Sous-préfecture de Gbonné) pour s’occuper de son champ. Cette semaine, il est venu rester avec moi. Le mercredi nuit, jour des faits, le courant était coupé à cause de la pluie. Comme tout bon mari, il a voulu aller m’aider en ramassant mes graviers. Je suis concasseuse de granite. Après deux tours, il partait pour le 3ème tour lorsque j’ai entendu un coup de feu non loin de la maison. Prise de peur j’ai voulu sortir mais j’hésitais. Cependant j’ai été interpellé par les cris de détresse de mon mari qui criait ” ils m’ont tué, ils m’ont tué“ (…) J’ai couru à son secours, aidée par des voisins. Quand nous arrivions sur le lieu, il était en pleine agonie, ses intestins traînaient. Les voisins l’ont pris pour l’hôpital. Là on nous a dit que la balle a perforé son poumon et atteint son foie. Alors qu’il était au bloc pour son opération, on nous a informé qu’il a rendu l’âme », tel est le témoignage des faits, relaté à la police par la veuve, dame Golou.

Déféré à la maison d’arrêt et de correction de Man, Dominique attend désormais de répondre de ses actes devant un juge du tribunal de première instance de la ville.

Issa M. Doumbia