AFRIQUE & MONDE

Les Etats-Unis prêts à sortir l’artillerie lourde avec un plan de secours d’environ 1500 milliards de dollars

Le Congrès américain est lancé dans une course contre la montre pour arriver à s’entendre sur un paquet « significatif ​» de mesures ce lundi


Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a annoncé que le plan de secours qui devrait être adopté par le Congrès ce lundi comprendra quatre volets. Le premier instaurerait une ligne de prêts aux PME qui pourraient ne pas avoir à les rembourser si elles ne procèdent à aucun licenciement. Le second verrait le versement direct de sommes aux Américains. Le troisième viserait à renforcer le dispositif d’assurance-chômage et le quatrième consisterait en une ligne de crédit de 4000 milliards de dollars par la Réserve fédérale.


« Nous allons apporter le secours significatif dont les Américains ont besoin avec la vitesse que la crise nécessite. » A la manœuvre avec Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, s’est activé tout ce week-end en vue de faire voter par le Congrès, dès ce lundi, un paquet de mesures destiné à amortir le coup que s’apprête à asséner le coronavirus aux Etats-Unis.

Le nombre de personnes touchées dans le pays par le Covid-19 a été multiplié par dix en une semaine pour dépasser les 26 000 tandis que le nombre de morts s’établissait à 340, dimanche matin. Les Etats de Washington (94 décès), de New York (76) et de Californie (27) sont particulièrement touchés ce qui a amené des gouverneurs des deux derniers Etats à imposer le confinement à leurs populations, rejoints par l’Illinois, le Connecticut et le New Jersey.

10 % du PIB. Menées sous l’égide de Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor de Donald Trump, les négociations entre les leaders républicains et démocrates des deux Chambres ont bien progressé ces derniers jours. Il reste encore quelques détails à régler mais l’ampleur du plan s’annonce spectaculaire. Il avoisinerait, en effet, les 1 500 milliards de dollars, soit le double du coût des mesures de relance adoptées par l’administration Obama en 2009 (790 milliards de dollars), à l’époque très critiquées par les républicains (!) lors de la crise financière. Ce qui, en ajoutant les interventions récentes de la Réserve fédérale, porterait l’enveloppe à plus de 2000 milliards de dollars (1 870 milliards d’euros), soit environ 10 % du produit intérieur brut des Etats-Unis, comme l’a souligné Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison Blanche.

Selon la presse américaine, les grandes masses seraient composées d’un budget de 250 milliards de dollars pour aider les salariés à temps plein ou partiel et les autoentrepreneurs n’ayant pas souscrit à une assurance-chômage, d’une enveloppe de 250 milliards pour permettre au fisc de verser des chèques aux Américains à hauteur de 1 200 dollars pour un célibataire et de 2 400 dollars pour un couple et enfin d’un fonds de 3 500 milliards destiné à aider les PME, quasiment à l’arrêt.

Devant les risques de paralysie du Congrès, il est aussi prévu dans le dispositif de débloquer des financements pour les agences chargées de combattre la pandémie (45 milliards), le ministère de la Santé (12 milliards), celui des Anciens combattants (16 milliards) et de la Défense (8 milliards) ainsi que pour les Etats et autorités locales étranglées financièrement.

Steve Mnuchin aimerait que soient accordées des facilités au Trésor comme à la Fed pour se porter au secours d’entreprises en difficulté. Est d’ailleurs en discussion l’idée de débloquer 208 milliards de dollars sous forme de prêts pour les secteurs en difficulté comme l’aérien et l’hôtellerie tandis que le projet suggéré par certains de porter secours à des géants comme General Electric ou Boeing qui a récemment réclamé 60 milliards de dollars est loin de faire l’unanimité, même chez les républicains. « Ce serait une ERREUR. Des millions (d’autres entreprises) perdent des emplois ​; nous n’avons pas besoin de renflouements ou de programmes d’aide – ces entreprises n’ont qu’à participer aux programmes de liquidité comme les autres ​» a ainsi tweeté, samedi, le sénateur Ted Cruz, l’un des soutiens de Donald Trump.

Mémoire courte. Ce dernier n’est pas impliqué dans les discussions mais on peut compter sur lui pour s’en arroger tous les bénéfices. Il a déjà réussi l’exploit de retomber sur ses pieds et de se présenter comme un précurseur en matière de lutte contre le Covid-19 alors qu’il y a quelques semaines il en minimisait les risques. Heureusement pour lui, les électeurs américains semblent avoir la mémoire courte. Son taux d’approbation qui était de 44 % au début du mois est aujourd’hui de 53 % selon Morning Consult en soulignant que cela est surtout dû à ceux aux indépendants et à ceux qui votent démocrate. Dans un pays qui resserre les rangs derrière le chef dans les moments difficiles, ce score est à relativiser. Le taux d’approbation de George W Bush était de 90 % après les attentats du 11 septembre 2001 et celui de Barack Obama de 67 % après la crise financière de 2008…

Source: L’Opinion.fr