POLITIQUE

Protestation pour la reforme de la CEI/ Aboudrahamane Sangaré : « Le sens de notre combat »

En meeting samedi 17 mars 2018 à la place CP1 de Yopougon, Aboudrahamane Sangaré, président du Front populaire ivoirien (FPI), membre de la plateforme Ensemble pour la Démocratie et le Souveraineté (EDS), a expliqué le sens de ce combat. Eventnewstv vous livre l’intégralité de son discours.

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Côte d’Ivoire. M. Ouattara gère la Côte d’Ivoire selon son bon plaisir. C’est son jardin et il en fait ce qu’il veut. Et les puanteurs lui montent à la gorge. Pour que le volcan n’entre pas en ébullition, nous lui avons démandé de s’asseoir et de discuter pour la Côte d’Ivoire. Car, à EDS, nous avons pour referent politique, le Président Laurent Gbagbo qui a pour slogan ‘‘Asseyons nous et discutons’’. Ouattara se reclame de l’Houphouetisme. Le Président Houphouet a dit que le dialogue est l’arme des forts et non des faibles. M.Ouattara dit dans ses shows télévisés que le modèle d’Ivoirien qu’il aime, c’est celui qui respecte les lois. La guerre de 2010 est à notre porte. Faisons en sorte que cela ne se reproduise plus.

Pendant que nous demandons à M. Ouattara de discuter, il nous montre qu’il n’est pas un modèle d’Ivoirien parce qu’il ne connait que les passages en force, les violations de la Constitution. Il nous repond par la repression. Il fait transférer Samba David, traque les exilés au Ghana et la Côte d’Ivoire est aujourd’hui une prison à ciel ouvert. Il nous repond par le mépris et l’arrogance. C’est le message qu’il nous envoie parce qu’il est assis sur une justice aux ordres, une armée non républicaine et qu’il bénéficie de l’assurance tout risque des puissants de ce monde. Il se dit que l’opposition n’existe pas.

Quand on gouverne, il faut être prudent. Car la roue tourne. L’opposition d’aujourd’hui, c’est le pouvoir de demain et le pouvoir d’aujourd’hui, c’est l’opposition de demain. Puisque M. Ouattara croit que l’opposition est inaudible, le combat est là et il s’impose à nous. Nous n’avons pas cherché ce combat. Nous n’avons pas choisi le terrain. Nous n’avons pas choisi le moment. Mais ce combat, nous devons le mener et nous allons le mener. Nous allons le mener ensemble et nous le gagnerons pour le triomphe de la justice et la dignité de l’Afrique.

La Côte d’Ivoire est membre de l’Union Africaine. Elle est partie à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui a mis en place la Cour qui porte le même nom. La Côte d’Ivoire a plaidé et perdu devant cette Cour. Elle a introduit un recours mais elle a été déboutée. La Côte d’Ivoire est un Etat non membre du Conseil permanent de sécurité de l’ONU. Elle siège donc dans le cartel des organisations internationales. Elle doit donc respecter les décisions des organisations internationales. M. Ouattara a fait arrêter des pro-Gbagbo ou estampillés comme tel parce qu’ils jettent un discrédit sur une décision de justice. Lui-même doit se faire arrêter parce qu’il est en train de jeter un discrédit sur une décision de justice. Quand la Cour européenne des droits de l’homme rend une décision, la France s’exécute et respecte ses engagements internationaux.

Nous ne voulons pas que la Côte d’Ivoire soit un Etat hors la loi. En Côte d’Ivoire, on veut discuter du sexe des anges. On nous dit que la décision de la Cour des droits de l’homme est obligatoire mais elle revêt un caractère plutôt déclaratoire. Ça, c’est un défi à la logique judiciaire. C’est de la sorcellerie juridique. Ce qui est obligatoire n’est pas déclaratoire. L’arrêt a une force obligatoire et éxécutoire. La Côte d’Ivoire doit s’exécuter un point un trait. C’est le sens du combat aujourd’hui.

L’enjeu, c’est de permettre au peuple de participer librement à la direction des affaires publiques de son pays. C’est ce que la Cour a dit. L’Etat de Côte d’Ivoire a violé ce droit de ses citoyens. Ce combat est un combat entre les valeurs et contre-valeurs. Les valeurs sont celles que Laurent Gbagbo nous a enseignées. Les valeurs de responsabilité, de démocratie, du sens de l’Etat, du respect de l’homme contre les conte-valeurs qui foisonnent en Côte d’Ivoire : braquages, mutineries, incendies de marchés, microbes, enlèvements d’enfants pour des crimes rituels. Nous sommes tristes pour un symbole : Traoré Aboubakar Sidiki dit Bouba (4 ans). Quand on regarde son visage, il ne demandait qu’à grandir et à vivre. Quand on regarde son visage, il est confiant en l’avenir. Il a les doigts dépliés pour montrer le chemin de l’avenir. Non, on ne tue pas les  anges, on ne tue pas l’innoncence, on ne tue pas la pureté. On ne tue pas les enfants. Quand on tue un enfant, c’est notre enfant qu’on a tué. Un enfant, c’est un ange et les anges, on les accueille. On les protège, on ne les tue pas. Voilà les contre-valeurs que nous combattons.

Nous menons ce combat pour qu’on ne jette pas le discrédit sur la Côte d’Ivoire parce qu’elle est pour l’heure au bas des nations. Un Etat qui ne respecte pas une décision de justice est un Etat voyou, un Etat hors la loi. Nous ne pouvons pas accepeter que la Côte d’Ivoire soit traitée comme tel.

Nous ne devons pas désavouer la Cour africaine en allant aux élections. Un éssai a été marqué. Nous devons le transformer. Le combat s’impose à nous. Nous avons choisi la transition pacifique. Mais la transition pacifique n’est pas la résistance passive. Dans le choix des armes, nous avons choisi la voie démocratique. La volonté de passer en force de M. Ouattara ne doit pas s’imposer à la Côte d’Ivoire comme un canon de revolver sur notre trempe. Nous devons dire non à M. Ouattara. On ne choisit pas son combat. Mais quand le combat arrive, il faut le mener. On ne vit réellement que lorsqu’on est prêt à mourir pour une cause. Pour affronter la vie, il faut affronter nos peurs. Pour affronter vos peurs, il faut refuser le chantage de la peur. Nous devons aller à ce combat sans murmures ni hésitations, sans temps morts, ni mi-temps. C’est le combat pour notre dignité. Aujourd’hui, nous devons mouiller le maillot. Je sais que vous allez prendre votre part dans le combat. On ne peut pas faire ce combat sans être du voyage. On ne peut pas faire ce combat sans payer les frais du transport. On ne peut pas faire ce combat en critiquant M. Ouattara la nuit dans les salons et en l’applaudissant au grand jour. On ne peut pas faire ce combat en s’opposant à des élections malpropres et en proposant des candidats aux sénatoriales. On ne veut pas de ceux qui lorsque nous passons disent ‘‘je suis avec vous’’ avec un verre de bière dans la main. Si vous êtes avec nous, venez avec nous dans l’arène. C’est à ce combat que je vous engage, celui de la délivrance de la Côte d’Ivoire. Le voyage que nous menons est le voyage vers la terre promise. Vous avez le choix entre la terre promise oû coulent le lait et le miel de la dignité humaine et retourner en Egypte dans l’esclavage sécurisant du pharaon. Nous, nous refusons de retourner en Egypte. Nous allons vers la terre promise car la Côte d’Ivoire a une destinée promise à l’humanité. Si tous les Ivoiriens mettent leurs doigts dans la jarre pour recueillir l’eau, la Côte d’Ivoire vivra. Faites votre part comme le colibri.

Propos recueillis par Cyrille NAHIN

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